‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 2)Chapitre 155 sur 239 · ACTE I, SCENE XL · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE XL

LE VALET 9 qui 1*^10^ ciché y te rapproche.

Je veux que le diable m'emporte si nous n'en venons , et du camp de Fleurus.

CINTHIO

Cet homme-là ? ( il Inî montre Croquignolet. )

M. GROQUIGlfOLETy le carrant.

Eh ! non , nous n'y étions pas , quand notre général fit signifier un avenir aux ennemis ! Ils ne comparurent pas le dernier juillet , à une heure de relevée , pour plaider sur le champ de bataille ! Eh ! non , non , nous n'y étions pas !

CINTIIIO,

Oh , oh ! voilà un style de guerre tout nouveau.

M. CROQUIGNOLET.

La cause fut appelée , qui dura plus de huit heures ; mais en vertu de bonnes pièces de canon , dont nous étions porteurs , nous fîmes bien vite déguerpir l'en» nemi. Il voulut deux ou trois fois revenir par appel ; mais il fut toujours débouté de son opposition , et condamné en tous les dépens , dommages et intérc^ts , et aux frais I morbleu*! aux frais... • Eh ! y étionsnous ? Eh ! non , non , c'est que je me moque !

CIIfTHIO.

Voilà 9 je vous l'avoue , un plaisant récit de combat. Je vois bien , monsieur , que vous avez vu la bataille dans quelque étude de procureur.

LE VALET

Je vais vous raconter cela bien mieux que mon maître ; car , entre nous , c'est un dadais. Première-

a8o LES FILLES ERRANTES.

ment, voilà les ennemis , et nous voilà. Le combat commença par les tambours ; à Tinstant nous fîmes avancer nos vivandiers : les ennemis voyant cela , détachèrent cinq escadrons de 4ear$ meilleurs voiliers. Oh ! c'étoit là où nous les attendions ; car aussitôt on lâcha toutes les galères pour enfoncer leur demi-lune,... Après cela, la mousqueterie , pif, paf, Ah! je suis mort.... Les brûlots.... les canons.... lés trompettes, qui étoient chargées à cartouches; pan, bedon.... don.... , les.... Je ne saurois vous dire le reste , car la fumée du canon m'empêcha de le voir.

CINTIIIO.

Voilà qui est le plus joli du monde. Mais je vous prie , monsieur le vivandier , et vous , mon petit clerc de procureur , de passer votre chemin , et de ne pas regarder dierrière vous : m'entendez-vous?

M. CROQUIGNOLET , faisantle braye.

Monsieur, prenez garde à ce que vous faites ; si

vous m'insultez.... ( n prend ion épée et la lève. ) G I N T H I O met la main & la iienne.

Hé bien ?

M. CROQUIGNOLET.

Vous aurez affaire à mon valet.

( Il te cacbe derrière son Talet. ) LE VALET.

Oh ! ma foi , il aura bieji affaire à vous ; je ne suis pas obligé de me faire tuer à votre place.

CINTHIO

Allez 9 mon petit ami ^ je ne daigne seulement pas

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