SCÈNE XL
TRAFIQUET, PIERROT.
PIERROT
Ma foi, monsieur, il faut dire la vérité; voilà des filles bien civiles,
TRAFIQUET.
Mais que veulent donc dire toutes ces cérémoniesla? Voilà une nouvelle manière de répondre. Allons, niions, il faut faire cesser tout ce manége-là. J'attends aujourd'hui un gendre qui me vient du Bas-Maine ; je veux envoyer savoir s'il est venu. Pierrot! ( Pierrot fiit nne révérence en fille. ) Ah , monsieur le maraud! je crois que vous voulez rire aussi. Si je prends un bâton.,.. (Pierrot fait nne antre rév<)renoe.) Quoi I tU t'en inôles
aussi ?
PIERROT
Mais , monsieur , est-ce que vous voulez m'empôchcr d'être civil ? Qu'est-ce que vous me voulez ?
TRAFIQUET.
Je veux que tu passes cliQz monsieur Fesse-Mathieu , pour le prier de venir ici ; et que tu ailles de
]h dnriA la rue de la Huchette , savoir si le messager du Mans est arrivé.
PIISUHOT.
non , bon , bon , monsieur. Vous attendez donc quelque panier de volaille ?
TRAFIQUET.
J'attends le bailli de Laval 9 qui vient pour être mon gendre.
Quoi ! tout de bon ? Un homme du Maine pour être le mari de votre fille ?
TKAFIQTTET.
Assur/mient.
PlKRnOT.
Fi ! monsieur, n'en faites rien; il ne vient que des chapons de ce pays-là.
(Scènes italiennes,)