SCÈNE XII
ARLEQUIN, TRAFIQUET, COLOMBINE,
PIERRROT,
TRAFIQUET.
Que veut donc dire , s'il vous platt , cette mascarade-ci ?
AHtSQUIN.
Monsieur , je vous prie de me dire si je suis mâle ou femelle ; car , ma foi , je n*y connois rien.
TRAFIQIIKT.
Vous êtes un fou , voilà ce que vous êtes,
PIBnnOT, riant.
Ha , ha , ha 1 Essuyez-vous, monsieur le bailli , vous (^te$ tout barbouillé.
COLOMBINS
Je suis , mon père , disposée à vous obéir ; mais je ne crois pas que vous vouliez me donner pour mnri un homme qui est capable de pareilles exti^avagances.
ARLBQiriir.
Oh , oh ! voilà qui est assez drôle. Par ma foi I s*il y en a , cVst vous qui les avez faites , et qui avez voulu que je me sois fait et marquis et ce que me voilà.... Voyez, ne me voilà-t-il pas bien désigné?
COLOMBtNK.
Moi, je vous ai fait faire ces extravagances- là? Ma foi , monsieur le bailli , vous r£vez.
4o4 LA COQUETTE.
PIERROT
Monsieur , quand je vous ai dit que j'étois mieux le fait de votre fille que cet homme-là , est-ce que je me trompois ? Il faudra pourtant que vous y veniez.
TRAFIQUET.
Ce que j'ai vu tantôt , et ce que je vois présentement, m'oblige de vous dire, monsieur le bailli, que vous pouvez, tout de ce pas, vous en retourner dans le Bas-Maine , manger vos chapons ; car pour ma fille , vous n'en croquerez que d'une dent
PIERROT
Que d'une dent , monsieur le bailli , que d'une dent.
ARLEQUIN
Allez-vous-en au diable, vous et votre fîîle, petit vilain grigou raccourci. Adieu, la belle; je ne crois pas qu'il y ait au mondé un animal plus méchant que vous. Il faut qu'un provincial ait bien le diable au corps , pour venir s'équiper d'une femme à Paris.
C0L03IBINE.
Et qu'une fille à Paris soit bien près de ses pièces pour épouser un bailli du Bas-Maine.