ACTE I, SCENE VIII
ces pieds de mouche qui sont au commencement Jcs lignes?
Ce sont des dièses , pour montrer que c'est en A mi la ré bécarre. Je ne compose jamais que sur ce ton , et c'est pour cch que j'en porte le nom.
TROTENVILLE.
Ah , ah! vous composez donc toujours sur ce ton-là ?
AMILARÉ.
Oui , monsieur.
TROTENVILLE, rendant le papier.
Et moi , monsieur , je n'y chante jamais.
AMILARÉ.
Hé bien , monsieur, voilà un autre air en D la ré sol.
TROTENVILLE.
La Rissole vous-même. Je vous trouve bien admirable de me donner des sobriquets !
AMILARi.
Voilà un homme qui est bien fôcheux ! Je vous dis , monsieur , que cet air-là est en D la ré sol , et qu'il n'est pas si difficile que l'autre.
TROTENVILLE.
Qui n'est pas si diflicile que l'autre ! Groye^vous , mon ami , que la musique m'embarrasse ? Je vous trouve plaisant.
AMILA Ré.
Je ne dis pas cela..,. Allons. (Ut chantent ensemble.) Cupidon ne sait plus de quel bois faire flèche.
Cela ne vaut pas le diable. ( Bégayant. ) Cu , eu , eu.
. TROTENVÎLLE,
Cu, eu 9 cu.«.. Voilà un air bien puant.
AHILARIÉ.
Allons, monsieur , tout de bon : Cu^ eu, eu.... Chantez donc juste, si vous voulez.
TROTENVILLE, Ini jetant le papier aa nés.
Oh! chantez juste vous-même; je sais bien ce que je dis. Est-ce que je ne vois pas bien qu^il faut marquer là une dissonance , et que l'octave, s'entrechoquant avec l'unisson , vient à former un dièse bémol. Mais, voyez cet ignorant!
AHILARÉ.
Monsieur, avec votre permission , si les musiciens n'en savent pas plus que vous , ce sont de grands ânes.
TROTEWVILLE.
Plaît-il, mon ami? Savez-vous que vous êtes un sot par nature, par bémol et par bécarre? Je vous apprendrai à insulter ainsi la croche françoise.
AMILAR^.
Un sot ! à moi ! ( n donne de son chapean dana le TÎaage de Trotenville. )
TROTEIÏVILLE, mettant la main tar son épée.
Par la mort! par le sang!... Mesdames, je vous
donne le bonsoir. ( il a*en Ta d*an c6té , et Amilaré de Tantre. )