‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 2)Chapitre 38 sur 239 · ACTE II, SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VIII

GOLOMBINB.

Cela ne doit pas nous arrêter. Si madame veut aller à TOpéra , je trouverai bien un carrosse.

ISABBLLB.

Ah! fi, Colombine, avec ton Opéra. Peut-on rêve* nir à la demi-Hollande, quand on s*est si longtemps servi de batiste? Vy allai dès deux heures à la pre« mière représentation ; j*eus tout le temps de m*ennuyer avant que Ton commençât; mais ce fîit bien pis, quand on eut une fois commencé.

GOLOMBINB.

le ne conçois pas comment on peut s'ennuyer à rOpéra ; les habits y sont si beaux !

ISABBLLB.

Je vois bien que nous ne sommes pas engouées de musique aujourdliui , et qu'il faudra nous en tenir à la Comédie italienne.

LE GHBVALIBR.

En vérité, madame, je ne sais pas quel plaisir vous trouvez à vos comédies italiennes; les acteurs en sont détestables. Est-ce qu'Arlequin vous divertit? C'est une pitié. Excepté cet homme qui parle normand dans l* Empereur de la Lune, tout le reste ne vaut pas le diable. J'étois dernièrement à une pièce nouvelle ; elle n'étoit pas encore commencée , que j'entendois accorder les sifflets au parterre , comme on fait les violons à TOpéra. le m'en allai aussitôt, pestant comme un diable contre ces nigauds-là, et je n'en voulus pas voir davantage. V. 6

8a LE DIVORCE.

ISABELLE

Vous n'attendîtes donc pas que la toile fût levée ?

LE CHEVALIER

Hc! vraiment non. Ne voit-on pas bien d'abord à ces indices-là qu'une pièce ne vaut rien ?

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