DE L'ÉDITEUR
LiETTE comédie a été représentée pour la première fois le 24 sf>ût i6go.
Isabelle est une fille de famille , qui a été séduite par Cinthio : l'indigence l'a contrainte d'entrer aa service d'Arlequin, sous le nom de Claudine. Cotombine a été aussi trompée par Octave, qui lui a fait une promesse de mariage ; elle va à la po^rsuite de cet amant , et se trouve avec Cintbîo dans l'hôteUerie d'Arlequin. Cinthio cberche à !a séduire ; mais il est reconnu et surpris par Isabelle. Celle-ci intéresse Arlequin à son sort; ils imaginent ensemble plusieurs fourberies , et parviennent enfin à déterminer Cinthio à l'épouser. On ne sait ce que deviennent Colomhine et Octave. Les scènes de Croquignolet et du Capitaine hollandois sont absolument épisodiques.
Tel est à peu près le canevas sur lequel est composée la comédie des Filles errantes , qui a été aussi donnée sous le titre des Intrigues des hôtelleries. On sent combien deux fiUes telles que
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a6o AVERTISSEMENT.
Golombine et Isabelle sont peu intéressantes ; elles courent Tune et l'autre après un amant qui les a trompées et qui les méprise. Colombine oublie bientôt l'amant qu'elle poursuit, pour prêter l'oreille aux fleurettes de Gathio ; elle avoue ellemême à Isabelle ( scène m du second acte ) que si elle n'eût appris son infidélité, elle se seroit rendue. Isabelle est traitée par Gntfaio avec le dernier mépris ; il lui reproche assez ouvertement sa conduite ( scène ii du second acte ) , en parlant d'elle sous l'équivoque d'une poularde : « Je sais H qu'on la présente à tout venaat ; on l'a déjà « servie sur vingt tables difiërentes , et je ne suis « pas homme à m' accommoder du reste de toute- « la terre. » La licence qui régnoit sur le Théâtre italien pouvoit seule faire passer de pareils traits.
Quoi cpi'il en soit , les scènes françoises que nous avons recueillies sont remplies des traits de la meilleure plaisanterie, et le dialogue est d'un comique digne de Begnard. Le caractère épisodique de Croquignolet est original et plaisant, même après le Pourceaugnac de Molière. Le récit de la bataille de Fleurus est très comique.
Nous avons rassemblé plusieurs scènes qui n'ont point été recueillies par Ghérardi , et que nous avons trouvées éparses dans différents recueils ; mais la négligence avec laquelle ces scènes ont été imprimées, les fautes qu'y ont laissé glisser les éditeurs , nous ont déterminé à n'eu
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donner que des extraits. Ces scènes , sans être aussi plaisantes que celles que Ghérardi a conser- Tees , nous paroîssent nécessaires pour l'intelligence de l'intrigue': ce sont les six premières du premier acte.
Les auteurs du Dictionnaire des théâtres ' nous apprennent que cette comédie a été reprise deux fois ; la première, le lundi i3 mars 1719, telle qu'on la donnoit à l'ancien théâtre, avec des scènes fi^ançoises ; la seconde , le mardi 3o janvier 1753, sous le titre de la FiUe errante, entièrement en italien , et dépouillée des scènes françoises. Ces auteurs observent à cette occasion qne la pièce étoit originairement tout italienne, et que depuis , Regnard y a ajouté des scènes françoises : nous en doutons cependant , et nous avons cherché inutilement ce canevas italien , qui n'est point au nombre de ceux que les Italiens ont joués depuis leur établissement à Farisjnsqu'aumoment où ils ont obtenu la permission d'entremêler dans leurs pièces des scènes françoises.
< Pietioanàn da thédlnt, par MM. Parfait, lome TH* anppl^ mtaXt pages 5» et 517.
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PERSONNAGES
ARLEQUIN, aubergiste.
CINTHIO
ISABELLE, amante de Cinthio , sous le nom de
Claudine, servante d'Arlequin.
MEZZETIN
COLOMBINE, sœur de Mezzetin.
PIERROT, valet d'Arlequin.
M. CROQUIGNOLET, avocat. Mezzetin.
PASQUARIEL.
Le VàLET DE Croquignolet. Arlequin. .
Un Ga.pita.ine hollandois. Mezzetin.
Spadassins.
La scène est à Paris.
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COMÉDIE