‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 3)Chapitre 211 sur 246 · SCÈNE Vï · texte numérisé non relu

SCÈNE Vï

TRAFIQUET, COLOMBINE.

TRAFIQUET.

Ie tous prie, mademoiselle ma fille , de ne point m'échnuffer les oreilles ; je sais ce qu'il vous faut , et c'est à vous d'obéir quand je vous ai choisi un mari , entendez-vous ?

COLOHBINE.

Gomme je suis une partie des plus intéressées dans l'affeire, je crois, mon père, que mon choix est du moins aussi nécessaire que le vôtre ; et je vous dirai franchement que cet homme-là n'est point fait pour moi.

TRAFIQUET.

N'est point fait pour vous ! J'en suis d'avis ; il faut vous l'essayer. Mais voyez , je vous prie , comme cela fait la raisonneuse!

COLOMBITTE,

Je vous dis encore une fois, mon père , laissez-moi mener cette nifaire-là. Vous êtes plus vieux que moi , j'en conviens ; mais je me connois mieux en maris que vous.

TRAFIQUET.

Et que trouvez-vous, s'il vous plaît , à redire au mari que je vous propose ?

umitiïcDïGoOgk'

36a LA COQUETTE.

COLOHBIITE.

Bon ! c'est un homme qui se présente de front au mariage « et ne sait pas ce que c'est qu'un préliminaire d'amour.

TIIAFIQUET.

Hé ! de par tous tes diables ! comment veux-tu donc qu'il se présente ? Tant mieux , s'il entre tout de suite en matière ; en fait de mariage, je n'aime point à voir préluder.

COLOHBINE.

Quoi ! mon père , vous voudriez.,..

THAFIQUET.

Oui , je le veux.

COLOMBINE

Vous prétendez qu'un homme que je n'ai jamais vu..,.

TRAFIQDET.

Oui, je le prétends,

colohbiitE.

J'ai trop de raison pour....

TRAFIQUET.

Si tu as de ta raison tu dois m'obéir, et prendre le parti qui se présente.

umitiïcDïGoOglc

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