ACTE III, SCENE III
COLOMBIKE.
On ne m'a point dit , madame , que vous m'ayez fait cet bonneur-Ià. Il est vrai que j'ai le domestique du monde le plus brutal : qu'une femme de qualité me vienne voir , on ne m'en dit rien ; qu'une procureusefrappeàmaporte,on vient m'en faire la honte en pleine compagnie.
M™ PIIÏDARET.
En vérité, mademoiselle, il &îit que votre train soit travaillé d'un prodigieux dévoieinent de mémoire ; oui , je crois que je suis venue ici plus de dii: fois depuis les calendes du mois dernier.
COLOUBIIfE.
Comment dites-vous cela , s'il vous plaît? Les cal....
M°" PIMDARET.
Les calendes , mademoiselle ; c'est la manière de compter des Romains, et la mienne. Si ma servante datoit sa dépense autrement, elle ne coucheroit pas chez moi deux jours de suite. Je veux de l'érudition jusque dans ma cuisine. '
COLOMBINE
Que vous êtes heureuse, madame , de savoir tant de belles choses ! Si j'avois l'avantage de vous voir souvent, je crois que je deviendrois une habile fille.
m"* pimdaret.
Il faut dire la vérité ; on se décrasse en ma Hcan' pagnie , et tout le monde avoue que je n'ai point la conversation roturière.
T. aS
umitiï^DïGoOgk'
COLOHBIITE.
Ahl que cela est bien dit! la conversation roturière ! Gomment pouvez-vous fournir à la dépense d'espnt que vous feites? Si vous ne vous ménagez, vous n'en aurez jamais assez pour le reste de vos jours.
M" PINDABET.
Boni cela ne coûte rien à une femme comme moi , qui se joue des auteurs ; j'entretiens commerce avec les anciens , et je fraye aussi avec les modernes.
COLOHBIITE.
Avec les anciens, madame!
M" PlITDABET.
Assurément, mademoiselle; j'en attrape assez le vrai, et je veux vous faire voir quelle est ma lecture quotidienne. Laquais ! petit garçon !