‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 3)Chapitre 33 sur 246 · ACTE II, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IV

ISABELLE

Je suis ravie, monsieur, de l'honneur que je re» çois ; mais je voudrois que ce ne fût pas une suite de votre malheur , et devoir à ma bonne fortune, etnonpas à votre mauvaise, la visite que je reçois; mais il faut espérer que vous serez plus heureux.

LE CHEVALIER

Gonjment voulez-vous , madame ? Pour Itre heu- reux , il laut jouer ; po\ir jouer, il faut avoir de l'argent; et pour avoir de l'argent, que diable faut-il fiiire? Car nous autres chevaliers de Gascogne, nous n'avons jamais connu ni patrimoine, ni revenu.

COLOHBIRE.

Il est vrai que de mémoire d'homme on n'a jamais vu venir une lettre-de-change de ce pays-là.

ISABELLE

Monsieur le Chevalier voudra bien passer toute l'après-dînée avec nous?

LE CHEVALIEH.

Ma foi, madame, je ne sais pas si je pourrai me prostituer à votre visite; car c'est aujourd'hui mon grand jour de femmes. Je m'en vais voir sur mes tablettes. (Il lire »e> tablctiBi, et lit.) Le mercredi, à cinq heures, chez Dorimène. Oh! ma foi, il est trop tard. A cinq heures et un quart , chez la comtesse qui m'a envoyé cette épée d'or. («nrùDi.) Ah! ah! la sotte prétention ! Vouloir que je rende une visite pour une épée qui ne pèse que soixante louis! Non, madame, je n'irai pas; non, vous dis-je; j'y perdrois.

..,Goog[c

A sis heures et demie , promis à ToÎDon , au troisième étage, rue Tîreboudîn. Oh! ma foi, cette visite-là se peut remettre.- Allons, madame, je suis à TOUS pendant toute Taprèft-dînée , et pendant tonte hi nuit, si vous voulez : il en coûtera la vie à trois ou quatre femmes; mais qu'y iaire? le moyen d'être partout?

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