‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 3)Chapitre 52 sur 246 · ACTE III, SCENE VI. loi · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE VI. loi

CORHICHOH.

Je le crois bien : il a porté les couleurs assez loDgtemps pour s'y connoitre.

BRAILLARDET.

Cela est faux : il n'a jamais porté que du gris chez vu homme d'affaires, et cela s'appelle apprenti sousfennier , et non pas laquais , maître Cornichon , et non pas laquais. Mais , messieurs , s'il n'y avoit que de la dissipation dans la conduite de la dame Sotinet, vous n'entendriez pas retentir votre tribunal des plaintes de son mari ; mais puisqu'il est aujourd'hui obligé d'avouer sa honte et son mallieur, approchez, financiers , plumets , chevaliers, et vous godelureaux les plus déterminés : paraissez sur la scène. Oui , oui , messieurs, nous trouverons de lous ces gens-là dans l'équipage de la dame Sotinet , équipage qu'elle promène scandaleusement par toute la ville , et la nuit et le jour. Maïs , que di»-je , le jour ! non , ce n'est point pour elle que le soleil éclaire ; elle méprise cette clarté bourgeoise; elle ne sort de chez elle qu'avec les oublieurs , et n'y rentre qu'à la faveur des crieurs d'eau-de-vie.

CORSICHOIV.

La pauvre femme y est bien obligée. Son mari a la cruauté de lui refuser un flambeau; il faut bien qu'elle attende le jour pour s'en retourner chez elle.

BRAILLARDET.

On ne manquera pas de vous dire que celui pour qui je suis est un brutal ; j'en tombe d'accord : un

Page 1