ACTE III, SCENE VI
SOTIWET.
Je n'ai jamais fait d'autre folie que celle de prendre ma femme. Hé ! morbleu , plaidez votre cause si vous
voulez. (U lèfe H cinne, cl en nenacc Corniclloil. ) COHmCHOM.
Vous voyez, messieurs, que votre présence ne sauroit servir de gourmette à ce furieux. Que seroitce,sî cette pauvre innocente se trouvoit toute seule avec lui? Approchez^ malheureuse opprimée; venez, épouse infortunée : c'est à l'ombre de ce tribunal que vous trouverez un asile assuré contre la pétulance de votre persécuteur, Soufîrirez-vous, messieurs, qu'une femme qui (comme dit fort élégamment un savant philosophe) doit être, vas dignilatis, non volupiatis, devienne ua grenier à coups de poing? qu'une femme , qui doit ètie la soucoupe des plaisirs d'un mari, soit le ballon de ses emportements? Non, messieurs, vous ne souf&irez pas que ces innocentes brebis soient si cruellement égorgées par ces loups ravissants ! Eh ! qui voudroit dorénavant se mettre en ménage , si vous fermiez la porte aux séparations ?
Le divorce ayant été de tout temps tout ce qu'il y a de plus piquant dans le mariage , ce ragoût de veuvage anticipé , cette viduité prématurée que vous allez servir à la dame Sotinet, va faire venir l'eau à la bouche à quantité de femmes de Paris : elles en voudront tâter. Sdngez, messieurs, aux honneurs que vous allez recevoir ! comuum quanta seges l
io8 LE DIVORCE.
Vous aurez plus d'affaires que toutes les juridictions de la France. L'hôtel de Bourgogne crèvera de monde : vous en aurez toute la gloire , et les comédiens italiens tout le profit. Dixi.
(PcDd«Dt qac le dieu de l'H^man t> inx opinioiu, lu aTOCils parlent tooa deox k la foii.)
BRAILL ARDET.
Quand il y auroit quelque petit grain de folie , il y a des intervalles....
CORKICHOH.
Ah ! taisez-vous , taisez-vous. ( CeU ■« dit i hante Toix. )