ACTE II, SCENE IV
ANGELIQUE
Dans la bouche d'un autre il deviendroit plus doux.
LA COMTESSE
Coîhment? qu'est-ce? plaît-il? parlez; expliquez-vous. Parlez donc, parlez donc. Apprenez, je vous prie^ Que mortel, tel qu'il soit, ne me dit de ma vie Un mot douteux qui puisse effleurer mon honneur. '
Croiroit-on qu'une veuve auroit tant de pudeur?
ANGÉLIQUE
Mais Valère vous aime; et souvent....
LE MARQUIS
Qu'est-ce à dire, Valère? Un autre ici conjointement soupire!
Ah! si je le savois, je lui ferois, morbleu.... Où loge-t-il ?
HERINE.
LE MARQUIS fait semblant de s^en aller , et revient.
Nous nous verrons dans peu.
' Ces deax yers sont conformes à l'édition originale , et aux réimpressions qui l'ont suiyie. L'édition de 17 14 offre la même le^n; mais dans celle de 178 1 on lit :
Que mortel , quel qu'il soit , ne me dit de sa rie Un mot douteux qui pût effleurer mon honneur.
Kt tons les éditeurs ont depnis adopté ces corrections. Correction soit ; mais on conyiendra que l'harmonie en souffre un peu : que mortel, quel qu'il soit,.,, qui pût. Regnard n'a point écrit ainsi. Il étoit comique, et non puriste, (G. A. C)
îi3o LE JOUEUR.
LA COMTBSSF.
Mais quel droit avez-vous sur moi?
Quel droit , ma reine ?
Le droit df bienséance avec celui d'aubaine.
Vous me convenez fort, et je vous conviens mieux. Sur vous Ton sait assez que je jette les yeux.
LA COMTESSE
Vous êtes fou , Marquis, de parler dé la sorte«
LE MARQUIS
Je sais ce que je dis, ou le diable m'emporte.
LA COMTESSE
Sommes-nous donc liés par quelque engagement ?
LE MARQUIS
Non pas autrement.... mais....
LA COMTESSE
Qu'est-ce à dire? Comment....
Parlez.
LE MARQUIS
Je ne sais point prendre en main des trompettes Pour publier partout les faveurs qu'on m'a faites.
AirciLIQUE,
Hé , ma sœur !
NERINE.
Des faveurs!
LE MARQUIS
Suffit, je suis discret, Et sais, quand il le faut, oublier un secret.