‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 4)Chapitre 13 sur 273 · SCENE IX. 4i · texte numérisé non relu

SCENE IX. 4i

PASQUIN

Ce n'est plus de mes affaires que je veux vous parler à présent.

DORAITTE.

Je meurs d'impatience de la voir. L'amour , Pasquin y l'amour I Ah ! quand on a le cœur pris..^

Fait comme vous êtes, monsieur, je n'eusse jamais deviné que l'amour vous feroit perdre votre fortune.

DORANTE

Que veux-tu dire par là ?

PA3QUIir.

Que votive amour pour Agathe vous fait manquer cette veuve de cinquante mille écus.

DORANTE

Eh ! ne t'ai-je pas dit que la sotte est devenue invisible à Poitiers ?

PASQUIN

Apparemment elle vouloit éprouver votre constance. L'heureux moment est venu ; elle est ici , monteur.

DORANTE

Est-il possible ?

PASQUIN

Il n'y a rien de plus vrai ; et depuis que vous m'avez quitté.... Mais n'en parlons plus, vous avez le cœur pris pour Agathe.

Achève , Pasquin , achève,

4a ATTENDEZ-MOI SOUS L'ORME.

PASQUIW.

Amoureux comme vous êtes, vous ne voudriez pas rompre un mariage d'inclination pour vingt mille écus plus ou moins.

DORAlfTE.

U (audra se faire violence/ Avec vingt mille écus on achète un régiment , on est utile au prince ; tu sais qu'un gentilhomme doit se sacrifier pour les besoins de l'état.

PASQUIN

Entre nous , l'état n'a pas grand besoin de vous , puisqu'il vous a remercié de vos services à la tête de votre compagnie..

DORAlfTE.

Parlons de la Tcuve , Pasquin.

PASQUIV.

La veuve est venue ce matin de Poitiers pour vos beaux yeux ; et depuis que vous m'avez quitté , on vient de m'ofïrir de sa part cent pistoles , si je puis livrer votre cœur.

DOaAlfTE.

Je serai ravi de te faire gagner cent pistoles. J'aime à m'acquitter, Pasquin.

PASQUIN

En rabattant sur les gages.

DORAJETTC.

Çà , que faut-il faire , mon cher coeur ?

PASQUIJÎ.

On est convenu avec moi que le hasard amèneroit la veuve sous cet orme dans un quai*t d'heure.

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