SCENE X
charmée , monsieur. Ne savez-vous point par cœur quelque impromptu de l'opéra nouveau ?
DORAIfTE, baat y â Pasqnin.
Je vais chanter, pour me désennuyer, un petit air que je fis à Poitiers pour cette charmante veuve. Hem.
( U clunte. )
Palsambleu , rAmour est un fat, L'Amour est un fat ; Sans égard pour ma nalsf ance , n me fait soupirer, gémir, sentir l'abseacc Comme un amant du tiers^tat.
Palsambleu, l'Amour, etc.
n n'est point de belle en France Que je n'aie soumise à ce petit ingrat ;
Et , pour toute récompense , Il m' enchaîne comme un forçat.
Palsambleu, l'Amour, etc.
PASQUIK, aprèt que Dorante a dunté.
Vous êtes l'Amour, monsieur!
DORANTE, bat, à Pafqoin.
C'est assez la faire languir. Ciel ! quelle aventure, Pasquinl Je crois que voilà mon aimable invisible dont je te parlois.
PASQUIir.
C*est elle-même.
DORANTE, abordant la TeiiTe.
Par quel bonheur, madame, vous trouve-t-on dans ce village ?
LISETTE
J'y venois chercher la solitude , et pleurer en liberté.
PASQUIir.
Retirons-nous donc, monsieur : il est dangereux d'interrompre les larmes d'une veuve. La vue d'un joli homme fait rentrer la douleur en dedans.
BOBANTE.
Je vous l'ai dit cent fois , chaînante spirituelle , je suis le cavalier de France le plus spécifique pour la consolation des dames.
LISETTE
Un cavalier fait comme vous ne sauroit en consoler une , qu'il n'en afiUge nulle auitr^es.
DORANTE
Périssent de jalousie toutes les femmes du monde , pourvu que vous vouliez bien....
LISETTE
Ah! n'achevez pas, monsieur; je crains que vous ne me fassiez des propositions que je ne pourrois entendre sans horreur; car, enfin, il n'y a encore que huit ans que mon mari est mort.
PASQUIK.
Ah, monsieur! vous allez rouvrir use plaie qui n'est pas encore bien refermée.
Ah , Pasquin ! je sens que mon feu se rallume.
LISETTE
Hélas! le pauvre défunt m'aimoit tant!