‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 4)Chapitre 204 sur 273 · ACTE I, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VI

( à Lisette. )

Comment gouvernes-tu cet objet de mes vœux ?

LISETTE

Monsieur..,.

LE CHEVALIER

S'apprête-t-elle à couronner mes feux ?

C'est un petit bijou que toute sa personne , Que je veux mettre en œuvre, et que j'affectionne :

(àValère.)

Elle est jeune , elle est riche ; et de la tête aux pieds , Vous en seriez charmé , si vous la connoissiez.

VALÈRE

Je la connois : mais vous, connoissez-vous sa mère ? Elle ne prétend pas songer à cette affaire.

LE CHEVALIER

Elle ne prétend pas ! Il faut que nous voyions Qui des deux doit avoir quelques prétentions. Elle ne prétend pas ! Parbleu , le mot me touche ; Je veux apprivoiser cet animal farouche.

LISETTE

L'apprivoiser ! monsieur ? Vous perdrez votre temps , Et vous prendrez plutôt la lune avec les dents»

LE CHEVALIER, à LiseUe.

Nous allons voir ; suis-moi.

VALÈRE

Hé! doucement, de grâce :

Ralentissez un peu cette amoureuse audace.

A vous voir, on vous croit partir pour un assaut. Et chez les gens ainsi s'en va-t-on de plein saut ?

LE CHEVALIER

Elle ne prétend pas ! Ah ! vous pouvez îuî dire Que nous sommes instruits comtne il faut se conduire ; Et nous savons la règle établie en tel cas.

Je la trouve admirable ! elle ne prétend pas !

VALÈRE

Je n'épargnerai rien pour la rendre capable De prendre à votre amour un parti convenable. Vous, cependant, tâchez, avec des airs plus doux, A mériter le choix qu'on peut faire de vous.

Lfi CHEVALIER.

J'y penserai, mon onde. Adieu.

Page 1