ACTE IV, SCENE IV. 4i
Qu'elle veut dès ce soir finir avec Léandre.
Elle m'a commandé de lui faire venir Un notaire.
LE CHEVALfER.
Bon , bon ! il faut la prévenir.
LISETTE, aperooTânt Clarice.
Ah ! vous voilà , madame ? Eh ! dites-moi , de grâce , Au cabinet encor venez-vous prendre place ?
Quelque nouvel amant , en dépit des jaloux , Vous donne-t-il ici quelque autre rendez-vous ?
Comment ! im rendez-vous? Que dis-tu ? prends bien garde ; C'est ma sœur.
LISETTE
Votre sœur! peste , quelle égrillarde !
CLARICE
Pour faire une réponse aux termes d'un billet, Léandre a bien voulu m'ouvrir son cabinet , Où j'ai trouvé d'abord Isabelle enfermée.
LE CHEVALIER
Isabelle !
CLARICE
Et Lisette.
LE CHEVALIER
Ah ! petite rusée !
Avant le mariage on me fait de ces tours l L'augure est vraiment bon pour nos futurs amours !
LISETTE
Ici mal à propos votre esprit se gendarme ;
4i6 LE DISTRAIT.
Le mal est donc bien grand pour faire un tel vacarme !
Ne vous souvient-il plus du maître italien ,
Et de cette courante à contre-cœur ?
LE CHEVALIEB.
Hé bien ?
LISETTE
Hé bien , pour éviter le retour de la dame, Qui pestoit contre nous^ et juroit dans son âme , Nous avons fait retraite au cabinet , sans bruit : Clarice est arrivée en ce même réduit Pour écrire une lettre ; et voilà le mystère.
LE CHEVALIER
L'une écrit une lettre , et l'autre fuit sa mère ; Et toutes deux d'abord s'en vont chez un garçon : C'est prendre son parti. L'asile est vraiment bon !
CLARICE
Lisette , tu remets le calme dans mon âme ; Mon soupçon se dissipe , et fait place à ma flamme. Peut-être à tes discours j'ajoute trop de foi ; Mais Léandre aujourd'hui triomphe encor de moi.
LE CHEVALIER, rarréunt.
Écoute donc , ma sœur.
CLARICE
Que me veux-tu , mon frère ?
LE CHEVALIER
Mets-toi dans un couvent , tu ne saurois mieux faire.
CLARIC£«
Je prends comme je dois tes conseils là-dessus ; Mais l'avis ne vat&t pas cinquante mille écus.