‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 4)Chapitre 260 sur 273 · LE CHEVALIER, ISABELLE, LISETTE · texte numérisé non relu

LE CHEVALIER, ISABELLE, LISETTE

LE CHEVALIER, à Isabelle.

HÉ bien ! la mère encor fait-elle le lutin ?

Pourrons-nou s nous soustraire à son brusque chagrin ?

ISABELLE

Vous savez son humeur. Ah , juste ciel ! je tremble ; Elle peut revenir et nous trouver ensemble.

LE CHEVALIER

Que ce soin ne vous fasse aucune impression : Je vous prends en ces lieux sous ma protection. N'êtes-vous pas ma femme ? Et pour hâter les choses. J'ai dressé le contrat moi-même avec les clauses. Dont mon oncle est porteur.

LISETTE

Tout est bien avancé.

Puisque déjà par vous le contrat est dressé; Et l'aveu de la mère est une bagatelle.

ISABELLE

Nous aurons de la peine à venir à bout d'elle.

LE CHEVALIER

Avant d'accorder tout à mon juste transport j Je veux sur son esprit foire un dernier effort , Me jeter à ses pieds, lui dire mes alarmes. Crier, gémir , pleurer , cai' j'ai le don des Urmes. Lisette m'appuira. Malgré son noir chagrin, II. 30

Nous la flatterons tant , qu'il faudra bien enfin Qu'elle me cède un bien dont mon amour est digne.

LISETTE

Bon , bon ! plus on la flatte, et plus elle égratigne; C'est un esprit rétif, et qu'on ne réduit pas. Mais je vois votre sœur tourner ici ses pas.

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