VALÈRE, SCAPIN
VALÈRÊ.
HÉ bien , Scapin ! apprends-moi des nouvelles de Léonore ; Tas-tU vue ? que t'a dit Marine ?
scAPiiir.
Marine? rien du tout. C'est une fille dont on ne sauroit tirer une parole.
VALÈRE
Marine ne t'a rien dit , elle qui parle tant ?
SCAPIN
C'est justement ce qui fait qu'elle ne dit rien ; mais tout ce que j'ai pu comprendre de la volubilité de son discours , c'est qu'il faut renoncer à Léonore ; et le pis que j'y trouve, c'est que nous n'avons pas un sou pour nous en consoler.
VALÈRE
Quoi? que dis-tu? parle, explique-toi. Renoncer à Léonore ?
' scAPtir.
Oui, monsieur.
Et Marine ne t'a point dit la cause de son refroi-^ dissement?
SCAPIÎ^.
Non ,. monsieur.
VALÈRE
Quoi! tu n'as pu pénétrer.. ••
SCAPIN
Oh, monsieur! Marine est une fille impénétrable.
YALÈRE.
Que je suis malheureux 1
SGAPIir.
Elle m'a seulement donné une petite lettre qui vous expliquera peut-être mieux la chose.
YAtÈRE.
Eh! donne donc, maraud, donne donc, (mit.)
(c Si Yous m'aimez autant que je vous aime , nous a sommes les plus malheureuses personnes du monde, a Ma mère prétend me marier à un homme que je ne « connois point Détournez le mallieur qui nous me- « nace , et soyez certain que je choisirai plutôt la (( mort que d'être jaQiais à d'autre qu'à vous. »
Scapin !
scAPiir.
Moiisieur ?
YALiRE.
Que dis-tu de cette lettre-là ?
SCAPIN
Je dis, monsieur, que ce n'est pas là une lettre de change,
YALÈRE.
Et je me laisserai enlever Léonore ! Non , non , Scapin; àquelqueprix que ce soit^il fautempêdier...