SCÈNE IIL PASQUIN, LISETTE
PASQUIN
Ah! te voilà!
LISETTE
Il y a une heure que je te cherche. Es-tu d'accord avec ton niaître ?
PASQUIN
Peu s'en faut. Il ne s'agissoit entre lui et moi que de deux articles. Je lui demandois mon congé et mes gages : il a partagé le différend par moitié ; il m'a donné mon congé, et me retient mes gages.
LISETTE
Et tu gardes des mesures avec cet homme-là ! Te ferat-tu encore tirer l'oreille pour m'aider à rompre son mariage, en faveur de mon pauvre frère Colin, à qui Agathe étoit promise ? Il ne tient qu'à toi de rendre la joie à tout le village. Ce n'étoit que f<^tes, danses et chansons préparées pour les noces de Colin et d'Agathe ; et depuis que ton officier réformé est venu nous enlever le cœur de cette jolie fermière, toute notre galanterie poitevine est en deuil.
PASQUIN
Je ne manque p4s de bonne volonté ; mais je considère....
LISETTE
Et moi , je ne considère plus rien. Je suis bien sotte