‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 4)Chapitre 56 sur 273 · SCAPIN, VALÈRE, LÉONORE, MARINE · texte numérisé non relu

SCAPIN, VALÈRE, LÉONORE, MARINE

scAPiir.

Mais voici mon maître avec sa maîtresse : il ne me reconnoîtra pas.

LiOlfORE.

Comptez , Yalère , que rien ne me peut &ire changer.

VALÈRE

Ah , charmante Léonore ! que vous devez me paroître adorable avec de pareils sentiments !

SCAPIN

Monsieur, je vous donne le bonjour. Y a-t-il longtemps que vous êtes en cette ville? Vos affaires vontelles bien? Comment gouvernez -vous la joie avec cette aimable enfant?

VALÈRE

Que me veut cet ivrogne-là ? Qui étes-vous, mon ami?

SCAPITT.

Je suis un honnête garçon , qui connois vos be-

io6 LA SÉRÉNADE.

soins, et qui viens vous offrir deux cents pistoles que

me va donner monsieur votive père..(n âte son emplâtre. )

VALÈBE.

c'est toi , Scapin ? Qui t'auroit reconnu ?

SGAPIir.

Vous voyez , monsieur, ce qu'on fait pour vous.

MARIITE.

Par ma foi , voilà un méchant borgne.

« YALÈRE.

^ Et tu as trouvé le moyen de tirer deux cents pistoles de mon père ?

SCAPIN

Il va me les livrer. J'ai encore un collier à escamoter ; mais j'aurois besoin tout à l'heure de quelques gens de main.

VAL^RE

Tout à l'heure ? Et. où veux-tu que je les cherche à présent ?

MARINE

])Ionsieur , je suis à votre service. Pour la main , je l'ai aussi bonne que la langue.

SCAPIN

Toi? mais serois-^tu fille à travailler de nuit ?

MARINE

Pourquoi non ? c'est dans ce temps-là que je triomphe. J'ai deux ou trois filles de mes amies qui ne m'abandonneront pas dans le besoin.

SCAPIN

Bon , bon ; il ne me faut pas de plus vaillants cfaam-

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