SC^NE XXIIL III
concomitance d'un collier..., , enfin je ne me souviens pas bien de tout cela.
M. GRIFOH.
Tu as oublié la leçon qu'on t'a ftdte. Combien te donne-t-on pour jouer le personnage que tu fais?
CHAMPAGNE
Gomme monsieur Mathieu est un vilain , je ne ^agne pas grand'chose; mais je suis sobre.
M. GRfFOir.
Il y paroît.
CHAMPAGNE
Venons à l'explication. Vous êtes monsieur Grifon , je suis monsieur Champagne : donnez-moi de l'argent au plus vite; car j'ai hâte.
H. GRIFON.
Que je te donne de l'argent ?
CHAMPAGNE
Oui, parbleu , de l'argent ; je ne perds point le jugement , j'ai beau boire. Il me faut huit cent deux mille et quelques livres : j'ai le billet dç monsieur Mathieu : vous allez voir ; car je n'y vois goutte.
M. GRrFON^àpMt.
Voilà justement l'enclouure. (haot.) Tu viens un peu trop tard pour m'attraper , mon pauvre ami : si tu a& le billet de monsieur Mathieu j je t'en donnerai.
CH.AMPAGNJ$.
Cela est fort judicieux et fort raisonnable ; j'aime les gens d'esprit. Je ne le trouve point , ce diable de billet.
lia LA SÉRÉNADE.
M. GRIFO.W.
Cherche bien.
CHAMPAGNE
Je ne trouve rien, la peste m'étouffe. Je l'avois ' pourtant avant que d'aller au cabaret.
M. GRIFON.
Trouve-le donc.
CHAMPAGNE
Oh ! vous en demandez trop. Quand on a bu , on ne peut pas retrouver sa maison ; vous voulez que je retrouve un billet : il n'y a pas de raison à cela.
M. GRIFON.
Tu en as beaucoup , toi.
Écoutez, ne nous brouillons point. J'étois de sang froid quand je l'ai perdu, je le retrouverai quand je serai de sang froid, cela est infaillible. Jusqu'au revoir.
M« GRIFON.
Il n'est pas si ivre qu'il paroît.