‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 4)Chapitre 69 sur 273 · SCENE IL i3i · texte numérisé non relu

SCENE IL i3i

Bourgeois, et né natif en plaine Saint-Denis.

M. GRASSET

Monsieur !

MERLIN

Oh ! je connois vos tours. Qu'il vous souvienne Qu'un jour, étant chez Vous, par malheur la garenne S'ouvrit , et qu'aussitôt on vit tous vos garçons S'armer habilement de broches, de bâtons.

Et qu'ils eurent grand'peine , avec cet air si brave, A faire rembucher au fond de votre cave , Et dans votre grenier, tous les lapins fuyat*d!s, Qu'on voyoit dans la rue abondamment épars.

M. GRASSET

Je ne mérite pas, monsieur, un tel repl^oche.

MERLIN prend deaz perdrix, qa*il met dans sa poche.

Donnez-moi deux perdrix : allez coucher en broche , Et souvenez-vous bien , vous et vos galopins , De mieux , à l'avenir , enfermer vos lapins :

( à M. La Montagne. )

Entrez. Pour vous , monsieur , qui portez la vendange, Vous ne valez pas mieux; on ne perd rien au change. C'est là tout mon vin ?

M. LA MONTAGNE

Tout ; on n'est pas un fripon.

Il faut être en ce monde, ou marchand*, ou larron.

MERLIN, tirant une bontelUè.

On est bien tous les deux . Voyôils. Sans vous d^plairç , Cette bouteille-ci me paroît bien légère.

Vous êtes un fripon , un scélérat.

i32 LE BAL.

M. LA MONTAGNE

Monsieur^ Vous me rendez confus.

MEBLIN.

Un arabe, un voleur.

M. LA MONTAGNE

Vous avez des bontés !

MERLIN

Sans parler de la colle, Ni des. ingrédients dont votre art nous désole, Je vous y tiens : voilà , monsieur le gargotier, Des bouteilles qui sont faites d'un triple osier. * Ah, monsieur le pendard !

( n àèùàt une boateille conyerte de trois oa qnttre osiers , en sorte qa*il n'eu dcmeare qa*an fort petit. )

M. LA MONTAGNE

Mais ce n'est pas ma Ëiute.

Le marchand....

MERLIN

Se peut-il volerie aussi haute?

De Tor et des gi*andeurs, je n'en demande pas : Juste ciel! seulement fais qu'avant mon trépas Je puisse de mes yeux voir trois de ces corsaires, Ornant superbement trois bois patibulaires.

Pour prix de leurs larcins , en, public élevés , Danser la sarabande à deux pieds des pavés !• Voilà les vœux ardents que fait pour votre avance Le plus sincère ami que vous ayez en France.

Adieu.... Laissez-m'en deux, comme un échantillon.

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