SCÈNE VIIL
<ÎÉRONTE, LÉONORE, SOTENCOUR, MATHIEU CROCHET, LISETTE.
GJÎROHTE, à Sotcncojor. «
Ah! serviteur, mon gendre :
Soyez le bien venu. Vous vous faites attendre : Votre retardement alloit m'inquiéter.
Et ma fille étoit prête à s'impatienter.
SOTENCOUR,
J'en suis persuadé. Mais vous aussi , madame , D'impatients transports vous bourrelez mon âme: Mon cœur, tout pantelant comme un cerf aux abois, Par avance à vos pieds vient apporter son bois. Vos beaux yeux désormais sont le nord ou le pôle Où de tous mes désirs tournera la boussole :
Vos appas , vos attraits... . qui vous font tant d'honneur. Vous ne répondez rien, doux objet de mon cœur?
GIÉRONTE.
La joie et le plaisir....
SOTEirCOUR.
Je vous entends, beau-père;
j4!» le bal.
Le plaisir de me roir la gonfle de manière Qu^elle ne peut parler.
GiROlfTE.
Justement.
SOTElfCOUR.
Dans ce jour Nous ne ferons plus qu'un, vous et moi Sotencoar.
LISETTE, àpart.
Ah 9 la belle union !
SOTENGOUR.
Moi bien fait, vous gentille, Nous allons mettre au monde une belle &mille. Beau-père , on dit bien vrai ; quant à moi , j'y souscris : On a beau faire, il Êiut prendre femme à Paris, L'on y taille en plein drap. Nos femmes de provmce Ont l'abord repoussant, la mine plate et mince , L'esprit sec et bouché , le regard de hibou , L'entretien discourtois , et l'atcueil loup-garou : Mais le sexe , à Paris , a la mine jolie , L'air attractif, surtout la croupe rebondie ; Mais il est diablement sujet à caution.
MATHIEU CROCHET
On dit qu'à forligner il a propension;
» SOTEirCGUR.
Je veux croire pourtant , malgré la destinée , Que je pourrai toujours aller tête levée ; Que , malgré votre nez , et cet air égrillard , Mon front , entre vos mains , ne court point de hasard. Voudriez-vous , mignonne , à la fleur de mon âge ,