ACTE III, SCENE VII. a
M"* ADAM
Nous marions ma fille.
VAL ERE
Quoi 1 vous la mariez? Elle est vive et gentille; Et son époux futur doit en être content.
m"' ADAM.
Nous aurions grand besoin d'un peu d'argent comptant.
VALÈRE
le veux, madame Adam, mourir à votre vue, Si j'ai....
M"' ADAM
Depuis long-temps cette somme m'est due.
VALÈRE
Que je sois en maraud , déshonoré cent fois , Si l'on m'a vu toucher un sou depuis six mois 1
HECTOR
Oui , nous avons tous deux , par pitié profonde , Fait vœu de pauvreté : nous renonçons au monde.
M. GALOîfWIER.
Que votre cœur pour moi se laisse un peu toucher ! Notre femme est, monsieur, sur le point'd'accoucher. Donnez-moi cent écus sur et tant moins des dettes.
HECTOR, à M. Galonnier.
Et de quoi diable aussi , du métier dont vous êtes, Vous avisez-vous là de faire des enfants ?
Faites-moi des habits.
M. GALONNIER.
Seulement deux cents francs.
VALÈRE
Et mais.... si j'en avois.... Comptez que dans la vie
Personne de payer n'eut jamais tant d'envie.
Demandez.. ••
HECTOR
S'il avoit quelques deniers comptants, Ne me pairoit-il pas mes gages de cinq ans ?
Votre dette n'est pas meilleure que la mienne.
M"^ ADAM
Mais quand faudra-t-il donc, monsieur, que je revienne ?
VALÈRE
Mais.... quand il vous plaira.... Dès demain ; que sait-on ?
HECTOR
Je vous avertirai quand il y fera bon.
M. GALOJVNIER.
Pour moi , je ne sors point d'ici qu'on ne m'en chasse.
HECTOR, k part.
Non , je ne vis jamais d'animal si tenace.
VAL^RE
Écoutez, je vous dis un secret qui , je croi , Vous plaira dans la suite autant et plus qu'à moi. Je vais me marier tout-à-fait; et mon père Avec mes créanciers doit me tirer d'affaire.
Pour le coup....
M"* ADAM
Il me faut de l'argent cependant.
HECTOR
Cette raison vaut mieux que de l'argent comptant. Montrez-nous les talons.
M. GALONNIER.
Monsieur , ce mariage