ACTE IV, SCENE I
J y consens. Acceptez pour époux un joueur Qui, pour porter au jeu son tribut volontaire, Vous laissera manquer même du nécessaire , Toujours triste ou fougueux, pestant contre le jeu, Ou d'avoir perdu trop , ou bien gfigné trop peu. Quel charme qu'un époux qui, flattant sa manie, Fait vingt mauvais marchés tous les jours de sa vie ; Prend pour argent comptant, d'un usurier fripon. Des singes, des pavés, un chantier, du charbon; Qu'on voit à chaque instant prêt à faire querelle Aux bijoux de sa femme, ou bien à sa vaisselle; Qui va , revient , retourne , et s'use à voyager ' Chez l'usurier, bien plus qu'à donner à manger; Quand, après quelque temps, d'intérêts. surchargée. Il la laisse où d'abord elle fut engagée.
Et prend, pour remplacer ses meubles écartés. Des diamants du Temple et des plats argentés; Tant que, dans sa fureur n'ayant plus rien à vendre. Empruntant tous les jours , et ne pouvant plu*s rendre, Sa femme signe enfin, et voit en moins d'un an Ses terres en décret, et son lit à TenGaa!
Je ne veux point ^ici m'aflliger par avance; L'événement souvent confond la prévoyance.
Il quittera le jeu.
Quiconque aime , aimera ; Et quiconque a joué, toujours joue et jpûra.
Quelque docteur l'a dit, ce n'est point menterie.
a76 LE LOUEUR.
Et, si vous le voulez, contre vous je parie Tout ce que je possède , et mes gages d^un an , Qu'à Theure que je parle il est dans un brelan.