SCÈNE XIII
DORANTE, LISETTE, AGATHE, A part.
DORANTE, A Lif«tl0.
Je Tn voue franchement ; à votre refus ,j*avoi8 baissé les yeux sur une petite fermière, parce que je trouvois une somme cVargent pour nettoyer do gros biens que j'ai en direction : mais dlionneur ' , je ne Tai jamais regardée que comme un enfant, une poupée «1V0C quoi on se joue ; et depuis les charmantes conversations de Poitiers , vous n'avez point désemparé mon cœur.
AGATHE, A part.
Le traître!
Apparemment que je vous crois, puisque je veux bien vous donner ma main. Mais , avant toutes choses, il faut que vous disiez h Agathe , en ma présence, que vous ne Tavez jamais aimée.
DORANTE
En votre présence ?
LISETTE
Quoi ! vous hésitez ?
' On lit d«nf T^îtion originale d'honnêur m honneur, miii ponrttittion entre les deux mot». Il eut trop ^vidrtit quf c«*tte r<'*p/«titi()ti nt une foute typographique pour lu reproduire dnnfi le texte Ct*$ (Irux mott ont été admit par IVditeur de iSao. Lm tHlitiou» do 1714 et 1731 n*out cuimcrvé que tt'lminnw', (G. A. C)
If. f\
5o ATl'ENDEZ-MOI SOUS L'ORME.
DORANTE
Nullement. Mais enfin ^ dire en face à une femme que je ne Faime point , c'est l'assassiner : le coup est mortel , madame; et je dois avoir des ménagements pour une pauvre petite créature , qui....
LISETTE
Qui....
DORAtrTE.
Qui 9 puisqu'il faut vous faire la confidence , a eu pour moi certaines foiblesses. Je suis galant komme.
AGATHE, àpfrt.
Comme il ment !
DORANTE
Mais, madame , je quitte tout pour vous suivre. Je me laisse enlever , je vous épouse : faut-il d'autres marques de mon amour?
LISETTE
Au moins , je vous ordonne d'aller tout présentement rompre l'engagement que vous avez avec le père.
DORANTE
Oh 1 pour cela , volontiers.
LISETTE
Allez promptement , et revenez dans une demi* heure m'attendre sous cet orme.
DORANTE
Je vais vous satisfaire.
LISETTE
Sous l'orme , au moins.