ACTE III, SCENE VIII
CARLIN
J'exécute votre ordre avez zèle , ou je meure. Vous avez oublié que , depuis un quart d'heure , De dix commissions il vous plut me charger, l'ai vu le rapporteur , le tailleur , l'horloger ; Et voilà votre montre enfin raccommodée :
Elle sonne à présent.
L ^ A N D R E prenant la montre.
li me l'a bien gardée.
Vous m'avez commandé de même d'acheter De bon tabac d'Espagne ; en voilà pour goûter.
L £ A N D R £ prend le papier on est le tabac.
Voyons.
CARLIN
C'est du meilleur qu'on puisse jamais prendre , Dont on frauda les droits en revenant de Flandre.
L £ A N D R E jett» la montre, croyant jeter le ubac.
Quel horrible tabac ! tu veux m'empoisonner.
CARLIN
La montre ! ah ! voilà bien pour la faire sonner ! Quelle distraction , monsieur, est donc la vôtre ?
LÉANDRE
Oh! je n'y pensois pas ; j'ai jeté l'un pour l'autre.
CARLIN
Ne vous voilà pas mal ! La montre cette fois
Va revoir l'horloger tout au moins pour six mois.
LiANDRE.
Cours à l'appartement de l'aimable Clarice ;
Sache si pour la voir le moment est propice; Peins-lui bien mon amour, et quel est mon chagrin D'avoir manqué tantôt à lui donner la main.
Va vite , cours , reviens.
G 1. E Ll M 9 mottanr U montre k ton oraîU«.
La montre est tout en pièces.
Vous devriez, monsieur, exercer vos largesses, Et m'en faire préflenL...
Va donc , ne tarde pas.
Je t'attenda.
CAÎkZÎV.
J'obéi», et reviens sur mes pas.