‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 5)Chapitre 272 sur 279 · LÉANDRE, CLARICE, CARLIN · texte numérisé non relu

LÉANDRE, CLARICE, CARLIN

( hiênàf Ml plonf i ôêmu la révtri«, ) CLABICE, àptrt.

Tai peine , en le voyant , à tenir ma colère.

C A B L f ir 9 bat, i Clarioa.

Ne parlons pas trop haut , de peur de le distraire.

CLABICE.

Vous voili donc , monsieur ! Cherchez-vous en ces lieux Que ma rivale encor se présente k mes yeux?

Li^AHDRE^ Mftiiit d* m rèwëfiê.

Ah! madame.... à propos, avez-vous lu tm lettre?

CLARICE

Oui, trattre! ma rivale a su me la remettre : Je la tiens d*lsabelle; et le cas qu'elle en fait Peut me venger assez de ton lâche forfait.

LéABTDRE.

Un autre que Carlin en vos mains Ta remise ?

Le maraud ! je saurai châtier sa méprise ;

Je le roûrai de coups; le coquin tous les jours

Lasse ma patience, et me fait de ces tours.

Je le vois. Viens çà , traître ; aux dépens de ta vie

Je veux tirer raison de cette perfidie.

Tu mourras de ma main.

CARLIV.

Ali ! monsieur , doucement.

Grice ; je n'ai point fait encor mon testament.

(A part.)

Non , je n'ai jamais vu de pièce d'écriture Faire tant de procès*

LiA.NDRE.

P4i*le saaos imposture.

Qu'as-tu fait de ma lettre ? et quel affreux démon Te pousse à me trahie d'une teUe façon ?

CARLIV.

Moi, monsieur y vous trahir l )t ton» sers ayec zèle ; Je l'ai mise avec soin dan» les mains d'Isabelle.

Et voilà pour ta mort Farrét tout prononcé.

CA&LIir«

QueUe fiiate ai*je fait?

LSAVDRE.

QueUe faute ^ insensé !

CARLilf.

Oui, vous avez rmaatk de vous £ûre justice.

LEAFDRE*

Ne t'avois^e pas dît de la rendre à Ciance ?

CABLIir.

A Clarice, monsieur ? je veux être pendu , Si je me ressouviens de Favoir entendu.

Mais le dessus écrit suffit pour te confondre. A ce témoin muet que pourras-lu répondre ?

( à CUrice. )

Pour lui faire sentir son peu de jugement , De grâce, préteas-moî cette lettre un moment.

ACTt T, SCENK VU. 43^

Bon t c'est où j« Tattemb.

Lik.m»uw.

Ti«M, léle *atM c«rrellr , Us arec UMÏ T booRCMi; lis dcnc.... a Pour ItabeUe. >

cabliv.

Pouf! il bot r«voan-f tous itm, i mon fri, La preMnce d'«spnt aa toprêne degré.

Lis doncT booman, lu donc

Ltf&VDRI.

Ab I dr grdce, tnadame , Pardonnez mon erreur en brevr de ma flamme :

Mon cŒur n'a point de part au crime de ma main.

Vous tlcbez, incontlant, ii me séduire en vain; Mais je ne reçois point un grossier artifice.

CARLtIf.

Je réponds pour mon maître : il n'a point de malice; Et s'il n'cloit point fou...., je veux dire distrait, Ce seroit, je vous jure, un garçon tout parfait.

LiARDRX.

Mais si vous avez lu le dedans de ma lettre.

De ces soupçons crtiels elle a dû vous remettre,

GLARICI.

Ma curîotilé m'en a (ui lire aiseï ;

Je n'en ni

1 VKLin.

Mon dieu! recommencer. * tafifalBgeam lo lU-s*.!!-! , nous changeons bien la iIicm

44o LE DISTRAIT.

Vous avez le bras bon , soit dit par parenthèse.

GLA.RICE Ut.

« Je suis au désespoir que l'aventure du cabinet (( vous ait pu donner quelque soupçon de ma fidélité. « Votre rivale ne servira qu'à rendre votre triomphe (cplus parfait. Monsieur, par la présente, il vous <c plaira payer à damoiselle (en blanc), d'elle valeur ce reçue , et Dieu sait la valeur. »

CARLIN

Fi donc , madame, fi ! vous moquez*vous de moi ? Cela n'est point écrit

CLARICE

Vois donc.

CARLIN, A Léandre.

Ah ! par ma foi , Votre méprise ici me paroît fort étrange.

Quoi ! vos billets d'amour sont des lettres de change? Vous aurez bientôt fait votre paix à ce prix.

L^ANDRE

c'est ce malheureux-là qui , pendant que j'écris , M'embarrasse l'esprit de ses impertinences.

GARLIN

J'ai diablement d'esprit; on écrit mes sentences.

CLARICE coatinoe de lire.

«Oui, belle Clarice, je n'adore que vous, et fais « tout mon bonheur de vous aimer le reste de ma « vie. »

CARLIN, àCUrice.

Vous trouvez maintenant les termes plus coulants ,

Page 1