‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1- (volume 2)Chapitre 88 sur 166 · PARALYSIE SUGGÉRÉE DE L^ÉPAULE · texte numérisé non relu

PARALYSIE SUGGÉRÉE DE L^ÉPAULE

Pour en venir là, il nous faut, tout d'abord, passez-moi l'expression « déparalyser » notre malade. Il nous suffira pour cela de délruire les efTels de la suggestion initiale en faisant intervenir une suggestion nouvelle de sens contraire. J'affirme donc à Greuz... que son bras a oessé d'être, paralysé, qu'elle peut de nouveau le mouvoir, comme elle le faisait auparavant. Vous voyez qu'après quelques instants de discussion, le membre a repris en effet toutes les fonctions de l'état normal, tant au point de vue de la motilité qu'en ce qui concerne la sensibilité considérée dans tous ses modes.

1] nous est permis, dès à présent, ainsi que nous l'avons annoncé, de procéder successivement à la production de la paralysie isolée de chacun des segments du membre. En premier lieu, je suggère à la malade l'idée qu'il lui est devenu impossible de mouvoir l'articulation de l'épaule et voici qu'en réalité elle ne peut plus la mouvoir dans aucune direction, tandis qu'elle meut librement toutes les autres jointures à savoir le coude, le poignet, les doigts enfin. De plus, sur toute la partie où le mouvement volontaire est aboli, et là seulement, remarquez-le bien, la sensibilité cutanée et profonde est éteinte : Ainsi sur le moignon de l'épaule, les piqûres, les excitations faradiques, etc., ne sont pas perçues ; les mouvements de torsion, de distension, même violents, imprimés à l'articulation scapulo-humérale ne font éprouver aucune douleur, aucune sensation ; j'ajouterai que toutes les notions fournies par le sens musculaire relatives aux mouvements passifs, imprimés à cette articulation, font, elles aussi, complètement défaut.

Il ne sera pas sans intérêt, vous allez le voir, de considérer d'un peu près l'étendue et les limites de celte anesthésie dont nous venons de constater l'existence. {Fig. 64, 65, A.) Le département insensible représente en quelque sorte une plaque moulée sur l'épaule et qui rappelle la pièce des armures

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du XVI* siècle, destiaée à proléger celle ré^oa. Par eo haut, la

ligne qui limite l'anestliésie commence au niveau de la base

du cou ; elle s'étend, en avanl, jusqu'auprès du bord droit du sternum, englobe le tiers supérieur du sein et se dirige obliquement vers le creux axillaire qu'elle occupe tout entier, se prolongeant mfime de 4 ou S travers de dolgl, le long de la par-

DISTHIBUTION DE L'ANESTUÉSIE 347

tie axtUaire de la région thoracique. En arrière (A'], elle prend une direction presque verticale et s'étend depuis la base du

Flf. U M <7. — ObMmlIaB d* Pftrci,^

COU jusqu'à (rois ou quatre travers de doigt, au-dessus de l'angle de l'omoplate; dans le sens transversal, elle est éloignée des apophyses épineuses d'environ cinq travers de doigt. Le bras presque tout entier est contenu dans la zone d'anes-

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thésie qui, pour continuer la comparaison de tout à llieare, semble lui former un véritable brassard. J'appelle particulièrement voire attention sur la* façon sin^lière dont se limite, par en bas, celte plaque anesthésique. Vous voyez que la ligne déterminée par des piqûres successives et très rapprochées est très nettement circulaire ; elle limite un plan horizontal fictif, perpendiculaire à Taxe du membre, situé à deux travers de doigt environ au-dessus du pli du coude en avant et passant en arrière au-dessus de l'extrémité supérieure de l'olécr&ne ^ Tel est le territoire d'anesthésie qui répond à la paralysie isolée de Tépaule. Nous allons voir les choses se modifier, si, par le même procédé de suggestion que nous avons employé à rinstant, nous déterminons maintenant la paralysie des mouvements de Tarliculalion du coude, aussitôt que, pour cette jointure, l'impuissance motrice est devenue complète, vous voyez que la zone d'aneslhésie s'est immédiatement étendue par en bas ; elle occupe actuellement non seulement l'épaule et le bras, mais encore le coude et l'avant-bras ; sa limite inférieure est constituée par une ligne circulaire horizontale, située à environ deux travers de doigt au-dessus du poignet et déterminant cette fois encore, remarquez-le bien, un plan perpendiculaire au grand axe du membre [fig. 64 et 65,5,5).

Passons à un autre segment, celui du poignet. Là encore, à la suite d'une nouvelle suggestion analogue aux précédentes, la paralysie ne se fait pas attendre, si bien qu'en ce moment le sujet ne peut plus mouvoir ni son épaule, ni son coude, ni enfin son poignet : seuls les doigts de la main se meuvent librement. En conséquence, la limite inférieure de la zone d*anesthésie se trouve déplacée une fois de plus (fig. 64 et 65» C, C). Vous pouvez constater avec moi qu'elle est maintenant

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