‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1-Chapitre 17 sur 230 · ORGANISATION DE LV SALPÊTRIÉRE AU POINT DE VUE MÉDICAL · texte numérisé non relu

ORGANISATION DE LV SALPÊTRIÉRE AU POINT DE VUE MÉDICAL

sonnel des employés, et si nous faisons abstraction des aliénées, des idiotes, et des épilep tiques, qui forment une classe à part, et dont nous n'aurons pas. à nous occuper, la population de cet asile se compose d'environ 2,500 femmes qui, pour la plupart, appartiennent aux classes les moins favorisées de la société, mais dont quelques-unes cependant ont connu des jours meilleurs. Au point de vue de la clinique médicale, qui seule doit fixer notre attention, elles forment deux catégories bien distinctes.

La première se compose de femmes âgées, en général, de plus de soixante-dix ans — car ainsi Font décidé les règlements administratifs, — mais qui jouissent d'ailleurs d'une bonne santé habituelle, et que la misère ou l'abandon ont placées sous la protection de l'assistance publique. C'est ici, messieurs, que nous trouvons les matériaux qui nous serviront à faire l'histoire clinique des affections de l'âge sénile. La seconde catégorie comprend des femmes de tout âge, frappées, pour la plupart, de maladies chroniques réputées incurables, et qui les ont réduites à un état d'infirmité permanent.

Sous ce rapport, nous possédons ici des avantages dont on est privé en grande partie dans les hôpitaux ordinaires, et nous sommes placés dans les conditions les plus favorables pour étudier avec fruit les maladies à lente évolution.

En effet, la nombreuse population de nos salles nous permet d'envisager, sous les aspects les plus divers, les princi- ])aux tj-pes d'un seul et même genre morbide ; mais ce qui est encore plus important, il nous est donné de suivre ici les mahides pendant une longue période de leur existence, au lieu d'assister à un simple épisode de leur histoire; aussi voyons-nous se dérouler, jusqu'à ses dernières limites, le processus pathologique, dont on ne connaît en général que la phase initiale ; enfin, nous sommes appelés à constater les lé-

Page 1