‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1-Chapitre 26 sur 230 · ATROPHIE DES TISSUS · texte numérisé non relu

ATROPHIE DES TISSUS

peut-être aussi les éléments nerveux, diminuent progressivement de volume, mais sans présenter dans leur structure aucune modification essentielle : cela est surtout remarquable, suivant Otto Weber (I), dans les muscles des \îeillards, dont les éléments sont pâles, de petite dimension et tous à peu près d'égal volume contrairement à ce qui a lieu dans Tâge adulte. Cependant la trame conjonctive ne participe pas au même degré à ce travail de destruction lente ; on la voit même prédominer, dans les viscères, sur les éléments spécifiques : c'est ce qu'a fort bien établi M. le docteur Bastien, pour ce qui concerne le foie et la plupart des organes abdominaux.

Mais à un degré plus avancé, l'atrophie s'accompagne d'un travail de dégénération, c'est-à-dire que les éléments subissent des modifications dans leurs caractères chimiques, et deviennent le siège d'infiltrations pigmentaires ou graisseuses, et d'incrustations calcaires. C'est ce qui se produit, par exemple, dans les cellules cérébrales, d'après les observations de M. le professeur Vulpian(2), dont j'ai pu souvent constater l'exactitude parfaite. Suivant Virchow, en même temps que la névroglie tend à prédominer dans l'encéphale sur les éléments nerveux, elle s'infiltre habituellement d'un nombre plus ou moins considérable de granulations amyloïdes (3) ; le tissu du cerveau subit alors une altération chimique, d'après les recherches de Bibra, confirmées par celles de Schlossberger (4). Les matières grasses qui entrent dans sa constitution éprouvent une diminution notable, tandis qu'au contraire la proportion de Teau et de celle du phosphore s'accroissent.

1. Handbvch der allfjemeinen tind $p. Chinirgie, i. I, p. 309. — Erlangcn.

2. Leçons de physiologie générale et comparée du système nerveux, p. 6i5. Paris, 1866.

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