APPLICATIONS THÉRAPEUTIQUES
A. Deux cas d'hémianesthésie de cause organique et de date ancienne, guéris par Tapplication des plaques de métal. (Charcot, 1" rapport; Landolt et Oulmont, Progrès niéd.y 1877, n*» 20.)
B. Nouveau cas d'hémianesthésie liée à une lésion organique du rcrveau (hémorrhagie cérébrale). Ilétablissement immédiat de la sensibilité sous Tinfluence d'un électro-aimant. (Charcot et Vigouroux, laboratoire de la Salpètrière et Société de Biologie, et Gaz. des. Hop., mars 1878.)
C. Autre cas du même ordre. Même résultat avec le barreau aimanté. (Voy. Progrh médical , 1878., n*^ 29. Charcot, laboratoire de la Salpètrière.)
X^AUJVTHI^IIAPtE
Notes et obserrations sur la métalloscopie et la métallothérapie.
Métai-Ijjthébapie. — Métauoscopie dl D' Burq (l).
" Je désire faire ii la Société une simple communication sur (les recherches dont elle sera saisie ullérieurement plus en détails. Il s'agil des recherches de M. Burq sur la cure de certains phénomènes hystériques, notamment l'anesthésie, la contracture, parce qu'il a appelé la métallothérapie.
X L'anestliésic est un phénomène commun dans rhystérie; parfois même tout un côté du corps est frappé. Si dans ce cas
NÉTALLOSCOPIË 221
« Jusqu'ici j'avais été entratné à croire que la métallothérapie ne reposait pas sur des bases bien solides, j'étais incrédule. Un jour, cependant, ma conviction s'est faite, et voici comment : Me trouvant près d'une hystérique de mon service, je voulus montrer à mes élèves l'étendue de ces zones anesthésiques. Je la piquai fortement, mais au lieu d'une insensibilité complète, comme j'étais habitué à l'observer, je trouvai une sensibilité très manifeste ; la malade criait; elle me dit : Mais ce n'est plus comme les autres fois, M. Burq a passé ce matin. Je me fis donner quelques explications. M. Burq, avant ma visite avait appliqué à cette malade des plaques métalliques.
« Les effets de l'application externe de l'or sont multiples : la température s'élève, la sensibilité reparaît, la force dynanométrique du membre augmente.
<( A quoi sont dûs ces phénomènes, est-ce à l'électricité ? 11 n'est pas facile de résoudre cette question. Il se passe là des phénomènes électriques évidents, la déviation de Télectromètre le démontre; mais est-ce à ces phénomènes que sont dues ces actions si singulières?
u Quoiqu'il en soit, le point fondamental des expériences de M. Burq est donc exact.
<( J'ai vu, de plus, des anesthésics datant de dix ans, dues à des lésions cérébrales, montrer la même série de phénomènes; des applications de pièces d'or ont produit les mêmes phénomènes que chez les hystériques. Je suis jusque-là avec M. Burq, mais sans aller plus loin.
« M. Burq croit que les malades qu'il désigne sous le nom de sensibles à Tor (pour rappeler les phénomènes décrits plus haut), peuvent guérir par l'or pris à l'intérieur.
ce J'ai mis entre les mains de M. Burq une malade atteinte de contracture hystérique qui ne datait que de quinze jours. Sur l'avis de M. Burq, on lui déposa sur son membre environ 1000 francs d'or. La contracture, bien que très récente, persista.
222 SIËTAtLOSCOPIE
n En résumé, l'application derorfaitdisparallreraneslhésie; la malade reste sensible pendant trois ou quatre heures, un jour au plua, et bientôt Tanesthésie reparaît. Il se passe là une série de phénomènes hors de proportion avec tout ce qu'on pouvait croire de prime abord.
•< Du reste, MM. Dumontpallier, Luys, Gharcot, font des recherches sur ce sujet; des physicien» ont été consultés et invités à faire la constatation des phénomènes électriques qui se produisent dans ces occasions. »
A l'occasion du procès-verbal de la séance du 13 janvier 1877, M. Gharcot ajoute (séance du 20 janvier) les remarques suivantes sur l'application des métaux dans les anes-
(( Ces recherches qu'on ne peut appeler métallotbérapiques, puisque ces applications métalliques ne produisent que des phénomènes passagers, ont déjà attiré, à une époque déjà éloignée, l'attention d'hommes éminents. Trousseau entre autres s'y était intéressé; il fll même sur ce point une leçon clinique dont une des conclusions est que les applications métalliques peuvent servir de moyen de diagnostic; cela n'est pas exact. Je puis citer à l'appui de mon dire deux cas
MÉTALLOTHÉRAPIE 223
« M. Charcot rend compte ensuite des recherches qui sont faites à la Salpétriëre sur ce qu'on appelle la métallothérapie. M. Rabuteau, dans la dernière séance, expliquait Faction des pièces d'or par leur double composition or et cuivre, et pensait que l'or absolument pur ne pouvait donner lieu à aucun phénomène électrique de ce genre. J'ai interrogé M. Burq à ce sujet et il m'a dit que l'or pur n'était pas sans action. J'ai essayé moi-même, dans un cas d'héraianesthésie de cause cérébrale, une plaque d'or aussi pur qu'il est possible de l'avoir, et j'ai obtenu une réapparition de la sensibiUté ; dans ces faits d'hémianeslhésie, on sait qu'il y a non-seulement paralysie de la sensibilité générale, mais encore des organes des sens : ouïe, vision, odorat, goût. J ai voulu voir si l'anesthésie des organes des sens cédait à l'emploi des métaux. Une moitié de la langue, insensible h la coloquinte, avant l'expérience, devenait parfaitement sensible après Tapplication d'une plaque de fer sur l'organe.
« J'ai fait quelque chose d'analogue pour l'odorat; j'ai appliqué un métal sur l'aile du nez du côté anesthésique, et j'ai pu voir réapparaître la sensibilité de ce côté.
<* Des expériences analogues sur la vision et Touïe sont très difOciles à réaliser et un peu complexes.
« Dans toutes ces expériences, Tapplicalion métallique n'a été faite que sur des anesthésies parfaitement caractérisées; je réponds des résultats obtenus.
« Les cas d'hystérie que j'ai examinés sont des cas parfaitement établis. Une femme qui reste huit ans avec un membre contracture n'est pas une femme qui simule ; une femme qui se laisse transpercer le bras sans sentir est parfaitement anesthésique; du reste, les faits d'hémianesthésie absolue sont au-dessus de tout scepticisme. »
224 NËTALLOTDI^RAPIE
OnSEBVATIO.'CS CLINIQIJËS SUII LV )ll^.\LLOTIlËn.\l>iii; (i).
" L'année passée, à la môme époque, dil M. Cliarcol, j'eiitrctcnaiâ, pour la première foiiî, la Société des faits de mélalloscopie doul j'avais été témoin dans mon service. Depuis, les ' études se sont multipliées sur celte question et il est inutile de rappeler ici les résultats vraiment inattendus, auxquels ou est arrivé. M. Burq est alors intervenu, et on sait que la niélallothérapie est sa préoccupation dominante.
i< Sans doute, les mélliodes thérapeutiques d'allures bizarres n'inspirent tout d'abord que bien pou de confiance. Toutefois, j'ai confié au docteur Burq quatre hystériques de mon service, quatre hystériques de premier ordre. Trois étaient sensibles à l'or, une au cuivre. Elles ont été soignées suivant la méthode du docteur Burq ; les malades sensibles h l'or furent traitées au chlorure d'or et de sodium ; la malade sensible au cuivre, au sulfate de cuivre et à l'eau de Saint-Christim. A mon retour des vacances, j'ai trouvé ces malades complètement guéries de leur anestliésie. Une avait présenté une rechute dont l'importance, dans l'espèce, est facile à comprendre ; une autre malade appartenant â cette catégorie d'hystéro-épileptiques, que M. Briquet appelle hystéro-épi-
ACTION DE l\ MÉTALLOTHÉRAPIE 22o
Troubles de la vision dans l'hystéiue : action de la
métallothérapie (1).
M. Charcol fait la communication suivante :
« Je me propose, dans la prochaine séance, de présenter àla Société de biologie une jeune femme hystérique, atteinte en même temps d'ambIyoi)ie ol d'hémianesthésie plus considérables d'un côté du corps que de l'autre côté. Aujourd'hui, comme préface à ccîtte présentati(ni, je dirai quelques mots sur l'ensemble des faits du même genre, que j'ai eu l'occasion d'étudier.
« La connaissance des troubles de la vision chez les hystériques est déjà ancienne ; elle a été signalée par M. Briquet. Depuis, M. Galezowski a constaté que les hystériques voient mal les couleurs, et que Toeil de ces malades, particulièrement du côté où l'anesthésie est achromatopsiqtœ ou dysvhromatopsique ^ il a perdu la faculté de distinguer une ou plusieurs couleurs.
« On sait que, dans l'état normal, les différentes parties du champ visuel rétinien ne sont pas également aptes à percevoir les couleurs. M. Landolt a prouvé récemment que le \iolet est perçu par la partie centrale de hi rétine, et que les autres couleurs sont réparties autour de ce cercle central, dans des zones concentriques d'inégale largeur, et disposées, de dehors en dedans dans l'ordre» suivant : bleu, jaune, orangé, rouge, vert, violet (au centre). Or, chez les hystériques ambiyopiqnes, le champ visuel est rétréci, et il est rétréci surtout du côté où l'on constate l'anesthésie. Ce fait, constaté par M. Landolt, permet de comprendre le mé-
l. ^'oc•^e7e de Uiolofjie, 1877, pp. i05, -iC6. Chargot. Œuv. compl. t.ix, Hypnotisme. i5
TilOL'BLES DE lA VISION IIANS l.'HÏSTeBIB
(11' la disparilion des couleurs. Le champ visuel l (!<■ plus en plus, la couleur centrale, le violet, finira rallrf. Si celle diminution continue, le verl disparaît r, et ainsi de suite jusqu'au bleu, qui pourra diségalemeul. Les amblyopiques peuveol perdre ainsi d'uni! ou plusieurs couleurs, et, dans un degré ; la maladie, toul^is les couleurs cesseront d'exister ; ils verront tous tes objets en teinte grisaille ou
ide de disparition des couleursn'est pasconslant,ainsi andoH l'avait pensé lout d'abord, Une hyslériquc
l'un côté la notion d'une eouleur du prisme ; de id. elle ne voit plus une couleur dilTérenle. Clie/. malades, la sensation du rouge persiste, alors que lu 1 jaune el du bleu s'est éleinle.
ne la guérison de l'hystérie a lieu, les achromatop- ;ouvrent lu notion des coulenrs dans l'ordre inverse
XÉTALL0THÉRAP1E 227
plaque d'or sur la partie anciennement insensible, Tinsensibilité se reproduit. En même temps qu'elle, les troubles disparus de la vision reparaissent également, et la malade redevient achromatopsique pendant la durée de la méiallothérapie. Tous ces phénomènes ont lieu des deux côtés : mais, ainsi que je Tai déjà dit pour d'autres faits, ils sont plus manifestes du côté anesthésié que du côté opposé. Chez certains malades, la couleur rouge est celle qui est ramenée la première par la métallothérapie.
Tous ces caractères de Tachromatopsie ne sont pas propres à l'hystérie. On sait qu'à la suite de lésions de la partie postérieure de la cai)sule interne, peut-être de l'extrémité du rayonnement de cette partie postérieure, il survient de l'hômianesthésie en même temps que de l'hémiplégie. Or, dans ces cas, on observe également de l'iichromatopsie. Rien de semblable n'a lieu lorsque l'anesthésie est d'origine spinale. 11 semble donc que, chez les hystériques hémianesthésiques, l'achromatopsie a pour cause une lésion cérébrale. Le traitement par la métallolhénipie donne le même résultat dans les deux cas, avec cette différence que les troubles d'origine hystérique peuvent reparaître sous l'influence de la métallothérapie, tandis que les mêmes troubles d'origine cérébrale, une fois guéris, ne se reproduisent pas sous cette même influence. »
TkOLBLKS DK la VISIO' CHEZ LES HYSTKHIQLES.
M. Charcot (1) présente une malade à laquelle il a fait allusion dans sa communication de la séance précédent *.
« Cette jeune femme, mercière de son état, est hystérique