‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 4)Chapitre 1 sur 156 · Oeuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 · texte numérisé non relu

Oeuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890

Sommaire. — Création de la chaire de clinique des maladies du système nerveux. — Moyens d'étude : hospice-hôpital, consultation externe, laboratoires. — Légitimité de la spécialisation de renseignement de la pathologie nerveuse. — Intervention des sciences anatomiques et physiologiques dans la pathologie. Conditions dans lesquelles elle doit avoir lieu. — Méthode nosologique. — Méthode anatomo-clinique. — Les névroses reconnaissent les lois physiologiques communes. ~ Difficultés de leur étude. ^ Simulation.

Messieurs,

Il y a tantôt 12 ans, reprenant dans Tenceinte de cet hospice un enseignement qui, en ce temps-là, datait de quatre années déjà, j'émettais l'espoir que ce grand asile des misères humaines, où tant de maîtres de la médecine française se sont illustrés, deviendrait quelque jour, pour les maladies du système nerveux, un centre régulièrement organisé d'enseignement et de recherches.

Où trouver ailleurs, disais-je alors, autant de matériaux particulièrement appropriés à ce genre d'étude? De simples modiflcations dans l'arrangement intérieur de l'établissement sufGraient cependant, ajoutais-je, pour qu'on pût les mettre en pleine valeur !

Charcot. Œuvres complètes^ t. m, Syttème nerveux. i

2 CKÉATION DE LA CUAIRE

Cette opinion, depuis Tépoque, je n'ai jamais cessé de la proclamer, pour ainsi dire chaque jour, m'efforçant par tous les moyens en mon pouvoir — tantôt par renseignement oral, tantôt par la publication de travaux, auxquels mes élèves se sont souvent associés, — d'en rendre évidente, même aux plus incrédules, la portée pratique.

Vous savez. Messieurs, comment nos vœux se sont enfin réalisés au delà de toute espérance. Car, en ce moment, c'est au nom de la Faculté de médecine de Paris que je viens reprendre cet enseignement, né, il y a près de 17 ans, de l'initiative individuelle.

En inaugurant aujourd'hui, non sans une réelle émotion, je l'avoue, la chaire de clinique des maladies du système nerveux, mes premières paroles seront l'expression de ma gratitude envers ceux qui l'ont créée et qui me l'ont confiée. Je remercie la Chambre qui a pris l'initiative du projet, le Ministre de l'instruction publique qui ]'a accueilli, mes collègues de la Faculté qui, consultés sur l'opportunité de la création, ont rendu un verdict favorable, me donnant là une preuve d'estime dont je suis profondément touché.

Je saisirai ensuite avec empressement l'occasion qui se présente d'offrir un témoignage public de reconnaissance, d'une part, au Conseil municipal de la ville de Paris, et, d'autre part, à l'Administration de l'Assistance publique, dont l'intervention libérale et éclairée a rendu possible ce qui, sans elle, eût rencontré des obstacles peut-être insurmontables. Gr&ce à cette intervention, en effet, antérieurement à la consécration universitaire, nous avions été mis en possession déjà, dans ce service, d'installations qui en avaient fait un véritable Institut neuro-pathologique .

Enfin, Messieurs, pour terminer cet acte de gratitude, il

MOYENS DE'VVDE 3

m'incombe encore un devoir qu'il me sera particulièrement doux de remplir. Ravivant d'anciens souvenirs, je viens faire appel à ceux qui me font l'honneur de se dire mes élèves — tous aujourd'hui sont devenus des maîtres ou sont en voie de le devenir, — et, leur donnant une fois de plus l'assurance de mon vif et sincère attachement, je les convie à se réjouir avec nous de l'heureux succès d'une œuvre à laquelle ils ont participé.

Je viens de faire allusion, Messieurs, aux modifications importantes qui, avec le concours de l'Administration de l'Assistance et du Conseil municipal, ont été, depuis quelques années, successivement introduites dans le service dont j*ai la direction. Je vous demande la permission d'entrer à ce sujet dans quelques détails. J'y trouverai l'occasion de faire ressortir les avantages que peut présenter Tinstallation de la chaire nouvelle dans cet hospice.

Ce grand asile, personne de vous ne Tignore sans doute, renferme une population de plus de 5.000 personnes, parmi lesquelles figurent en grand nombre, sous le titre d'incurables, admises à vie, des sujets de tout &ge affectés de maladies chroniques de tout genre, de celles en particulier qui ont pour siège le système nerveux.

Tel est le matériel considérable, mais nécessairement d'un caractère particulier, qui forme ce que j'appellerai l'ancien fonds, le seul que, pendant de longues années, nous ayons eu à notre disposition pour nos recherches pathologiques et pour notre enseignement clinique.

Les services que peuvent rendre les études et l'enseigne^

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