DESCRIPTION DE BRODIE
vcnl bien être tenus éveillés parla douleur ; mais une fois endormis, ils ne sont pas réveillés par elle.
4* Le mode de développement de raffeclion cl son mode d'évolution peuvent, eux aussi, fournir des caractères très importants : chez les hystériques, elle peut survenir tout à coup, et disparaître de même, le plus souvent, h la suite d'une impression morale ; ou bien encore le sujet a des attaques convulsives, et c'est peut-èlre à la suite d une de celles-ci qu'il présente sa coxalgie, etc., etc.
Enfin, Brodie ajoute que sur les parties affectées du membre, la température ne s'élève pas, et que, quelle que soit la durée de cette affection, il ne subit aucune espèce d'atrophie, nous verrons tout à l'heure que si la première proposition est exacte, la seconde ne l'est pas toujours absolument.
Il y a là. Messieurs, il ne faut pas se le dissimuler, des nuances bien délicates: aussi, dans les cas difficiles, sera-t-il nécessaire de recourir, ainsi qu'on le conseille depuis tantôt trente ans, à l'emploi du chloroforme qui permettra de constater si, oui ou non, la jointure est le siège de lésions matérielles ; et encore est-il bon de faire remarquer avec M. le professeur Yerneuil, que dans les coxalgies organiques récentes, Texamen au moyen du chloroforme ne laissera quelquefois soupçonner aucune lésion, et qu'on ne peut, par conséquent, assigner à ce moyen, — au moins dans les périodes dont il s'agit, — une valeur diagnostique absolue.
Vous voyez. Messieurs, qu'en somme le diagnostic entre la coxalgie hystérique et la coxalgie organique présente des difficultés fort sérieuses, et, de fait, dans presque tous les cas où j'ai été appelé à intervenir pour des cas de cette espèce, j*ai vu médecins et chirurgiens fort embarrassés les uns et les autres.
Après ces préliminaires. mon malade, chez
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lequel je crois pouvoir affirmer la nature purement hystèri* que de la coxalgie dont il souffre depuis bientôt 3 ans.
G*esl un homme de 45 ans, nommé Ch..., père de sept enfants, qui ne présente pas d'antécédents morbides, soit héréditaires soit personnels, dignes d'être notés. II a servi comme zouave pendant 7 ans et n'a jamais été malade pendant ee temps-là ; il n'a notamment jamais éprouvé, à aucune époque de sa vie, de crises nerveuses ni de manifestations rhumatismales.
Il exerce le métier de scieur de long et travdlle à la machine dite scie droite, au service de l'une de nos grandes Compagnies de chemin de fer. Le 13 mai 1883, il a été victime d'an accident: la bielle de la machine à vapeur située au-dessous de l'endroit où il travaillait, a violemment heurté le plancher sous ses pieds, et il a été projeté en l'air, à une hauteur de S ou 3 mètres, assure-t-il. Il ne perdit pas connaissance, mus ressentit immédiatement une douleur vive, accompagnée d'engourdissement du membre, celui-ci lui semblait, dit-il, à la fois douloureux et absent. 11 put faire quelques pas cependant; on le transporta chez lui ; il resta deux mois au lit, ayant, dit-il, dans les premiers temps, le membre gonflé; au bout de cette période, il commença à marcher avec des béquilles, puis il ne se servit plus que d'une canne ; il y a plus d'un an que son état est demeuré ce que vous le voyez aujourd'hui.
Si nous examinons le malade d'abord couché^ voici ce que nous constatons :
Il existe, ainsi que vous le reconnaissez, un raccourcissement noiable du membre inférieur gauche tout à fait analogue à celui qui s'observe dans la coxalgie organique à la 3* période. — La jointure est immobile, la cuisse comme soudée au bassin dans une position h peu près immuable. — Le malade accuse une douleur spontanée au niveau de l'aine, de la hanche et du genou, cette douleur s*exagère quand on exerce une