‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 4)Chapitre 68 sur 156 · TÉNACITÉ DES STIGMATES · texte numérisé non relu

TÉNACITÉ DES STIGMATES

conlienl,d'aiIIeurs,un grand nombre de faits intéressants el bien observés, sinon toujours bien interprétés, du moins à ce que je crois. Ces messieurs ont observé Thémianesthésie sensitive et sensorielle, semblable en tous points à celles de MM. Putnam et Wallon. Il s'agit, dans ces cas, de chauffeurs, de chefs de trains, d'ouvriers, victimes d'accidents de chemins de fer ou d'autres accidents et ayant subi soit un choc sur la télé, soit une commotion ou un ébranlement général. L*alcooh'sme, le saturnisme, ne sont pas en jeu dans ces cas, et Ton reconnaît que, suivant toute vraisemblance, il n'existe pas, chez ces sujets, de lésion organique.

Voilà donc des malades tout à fait semblables à ceux de MM. Putnam et Walton ; mais, contrairement à ces derniers, les auteurs allemands ne veulent pas reconnaître qu'il s*agit ici de l'hystérie. Pour eux, c'est quelque chose de particulier, je ne sais quel état pathologique non encore décrit, qui demande à prendre une place non encore occupée dans les cadres nosologiques. Les principaux arguments que MM. Oppenheim et Thomsen fournissent à l'appui de leur thèse sont les suivants : i^ Taneslliésie est tenace; on n'y voit pas ces changements capricieux qui sont caractéristiques (?) de l'hystérie. Elle dure telle quelle des mois et des années; 2* Une autre raison, c'est que l'élaL psychique des malades n'est pas celui des hystériques. Les troubles de cet ordre, chez ces malades, n'ont pas les allures changeantes, mobiles de ceux de Thystérie. Les malades sont plutôt déprimés, mélancoliques d'une façon permanente, et sans grandes variations en plus ou en moins.

H m'est impossible, Messieurs, de me rallier aux conclusions de MM. Oppenheim et Thomsen, et j'espère vous démontrer : 4° Que les troubles sensoriels hystériques peuvent, chez la femme elle-même, présenter une ténacité remarquable, et que, chez l'homme, il en est très souvent ainsi ; 2® Que chez le mâle, en particulier, la dépression et la tendance mélancolique

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