AFFECTION HYSTÉRIQUE DES JOINTURES
éloignée du lype encore aujourd'hui classique des hystériques, quelques-uns d'entre vous, les nouveaux-venus, penseront peut-être qu'il s'agit là d'une gageure imprudente ou bien encore d'une opinion paradoxale que j'émets pour me donner la vaine satisfaction de faire montre de ressources dialectiques. Mais je suis convaincu que d'autres auditeurs, ceux qui m'ont fait l'honneur de suivre mes leçons du dernier semestre, se montreront plus réservés; avant déjuger, ils attendront avec confiance, je l'espère, la fin de la démonstration. C'est qu'en efi'et ceux-là savent que Thystérie peut exister, chez Thomme adulte même vigoureux, chez l'artisan non énervé par la culture intellectuelle ; ils savent aussi qu'elle peut se révéler tout d*abord sous la forme d'une affection purement locale en apparence, telle que, par exemple, la paralysie ou la contracture d'un membre.
Chez le malade que je vous présente aujourd'hui, il ne s'agît, à la vérité, ni de paralysie ni de contracture, mais bien — c'est du moins l'avis que je vais essayer de faire prévaloir — de l'affection pour la première fois décrite par Brodie,en 1837, sous le nom d affection hystérique des jointures^.
C'est une affection assez peu connue encore, je le crois, bien qu'à la suite de Brodie elle ait été l'objet de travaux importants en Angleterre d'abord ', ensuite
i. Sir B.-C. Brodie, Lectures illusirative of certain local nervous Affections, London, 1837. Lect. H. Varions forms of local hysterical Aff'eclions^ p. 35 et seq. Les leçons de Brodie, sur les afTections nerveuses locales, ont été traduites en français, par le De Aigre (Librairie du Progrès médical^ i%SO).
2. Vf. Coulson, Uysterical Affections of the hip joint, [London Journal of Medicine^ t. lU, 1831, p. 631.) — Barwell. A Treatise on ûiseases of the Joints. !»• édit., 1861, 2« édit., 1881. On hystérie pseudo-Disease or mock Disease of the joints, — F.-C. Skey. Hysteria.,. Local or surgical Forms of Hystcria, Hystérie affection of Joints, 3« lecture. London, 18i)7. — Sir Paget, Leçons de clinique chirurgicale. Trad. du D' L.-H. Petit. 3« leçon, alTections neuromimétiques des articulations, p. 274. Paris, 1877. — Voir aussi parmi les auteurs américains : S Weir Mitchell. — Lectures on Diseases of the ner^ vous System, Philadelphia, 1885, 2" édition, p. 218, Hysterical Joints.
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CD France '; puis eoGn en Alleni:
Je crois ulile, en malîôre d'introdurliA noire analyse clinique plus facile, dévote ble 1res sommairemenl les grands trait<i rii* gtstrale de Brodie, l'inilialeur dans la mm subséquents ont pu ajouter à cette di tails inlëressants, ils n'y ont, h ce qu'il d'essentiel.
Donc il s'agit là, selon Brodie, d'une d'une névralgie, d'une hyperesthéiit'.
extrémités des nerfs articulaires, qui pcii jointures et simuler, jusqu'à rendre des pi tic, une lésion organique grave de l'articti. quand elle siège k la hanche que le dingr tion est difficile; une coxalgie non orgni pour une coxalgie organique grave, tcroi. inversement. L'absence de lésions malérji cas est cependant suffisamment démontrde la maladie, qui se termine par une gi. souvent assez rapide; 2' par un certain n. Oui, bien que cela puisse vous surprendr'que j'annonce aussi bénigne, il en existe i mais ce sont le plus ordinairement des ai. vif, de véritables biopsies. — C'est qu'en e singulière tournure d'esprit, les malad*. affcclion réclament parfois h grands cri.-
1, 1[.-A.-C. Hobert, Con'irenees lit eliniqut chirle »' Doumic. Clinp, XVI, C^ralgie hijilirique, p. *'; ta Société de rhirvrifie de faria. 1865-1866. — Gif. e/iiyuri/icale'i des enfanlt, recueillies pur BoumeriU tcilkr, p. 610,
■2. K. Ksmarch. Veber Oelertkacurosm. Kled UD<i