‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 109 sur 723 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

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On la retient, atec peine pourtant.

fieOe serrante , et mari vert galant , Cétah matière à feindre da scrupule.

Les premiers jours , le mari dissimule ,' Détoorne Yœil , et ne feit pas semblant De regarder sa servante nouvelle ; Maïs tôt après il tourna tant la belle , Tant loi donna , tant encor lui promit , Qu'elle feignit à la fin de se rendre ; Et de jeo fidt,à dessein de le prendre , Un certain soir la galande * lui dit : Madame est mal , et seule elle veut être Pour cette nuit. Incontinent le maître Et la servante ayant foit leur marché , S*en vont au lit ; et le drôle couché , Elle en cornette et dégrafant sa jupe , Madame vient. Qui fut bien empêché?

Ce fat Fépoux , cette fois pris pour dupe. Ob I oh I lui dit la commère en riant , Votre ordinaire est donc trop peu firiand ' Âvotre goût? éh f par saint Jean ! beaa sire, Uopen plus tôt tous me le deviez dire ; - Taorab diez moi toi^urs eu des tendrons. De cdai-ci, pour certaines raisons , Votts fiiut passer ; cherchez autre aventure^ Et TOUS, la belle au dessein si gaillard , Merci de moi , chambrière d*nn liard , Je vous rendrai plus noire qu*une mAre. n TOUS bot doncda même pain qn'à moi I J*en sois d'avis , non pourtant qu'il m'en chaille ', M qu'on ne puisse en trouver qui le vaille : Grâces à Dîen , je crois avoir de quoi Donner encore à quelqu'un dans la vue -, Je ne su» pas à jeter dans la rue.

Laissons ce point ; je sais un bon moyen : Vous n'aurez plus d'autre lit que le mien. Voyez un peu ! dirait-on qu'elle y touche? Vite, mardMms; que du lit on je couche Sans mardiaiider on prenne le chemin :

Voos diercherez vos besognes demain. Si œ n'était le scandale et la honte , Je vous mettrais dehors en cet état.

Biais je sois bonne , et ne veux point d'éclat : Pais je rendrai de vous un très-bon compte A l'avenir ; et vous jnre ma foi Que nnitet jour vous serez près de moi. Qu*aî-je besoin de nie mettre en alarmes , le je piiis empêcher tous vos tours?

la chambrière , éoootant oe discours ,

Fait la honteuse, et jette une on deux larmes ;

* GalanU dan» loutei kt.édltioni modenei. mais I tort VofttU note page 166.

* QaH m'en «Midc do verbe ekaMr,

Prend son paquet , et sort sans consulter -, Ne se le fait pas deux fois répéter ; S'en va jouer un autre personnage ; Fait au logis deux métiers tour à tour ; Galand de nuit , chambrière de jour , En deux Êiçons elle a soin du ménage.

Le pauvre époux se trouve tout hem*eox Qu'à si bon compté il en ait été quitte. Lui couché seul /notre couple amoureux D'un temps si doux A son aise profite : Rien ne s'en perd; et des momdres moments Bons ménagers furent nos deux amants , Sachant très-bien que l'on n'y revient guère». Voilà le tour de Tunè des commères.

L'autre , de qui le mari croyait tout , Avecqne lai soua im poirier assise , De son dessein vint aisément à boat.

En peu de mots j'en vas conter la guise. Leur grand valet près d'eux était débout , Garçon bien fait , beau parieur, et de mise, Et qui (usait les servantes trotter.

La dame dit : Je voudrais bien goûter De ce fruit4à ; Guillot, monte, et secoué Notre poirier. Guillot monte à l'instant. Grimpé qu'il est, le drôle (ait semblant Qu'il lui parait que le mari se joue Avec la femme : aussitôt le valet, Frottant ses yeux comme étonné du fait : Vraiment, monsieur, oommenoe-t41 à dure, Si vous vouliez madame caresser.

Un peu plus loin vous pouviez aller rire. Et, moi présent, du moins vous en passer. Ceci me cause une surprise extrême.

Devant les gens prendre ainsi vosâmtsl Si d'un valet vous ne foites nul cas , Vous vous devez du respect à vous-même. Quel taon vous point? attendez à tantôt; Ces privautés en seront plus (Handes :

Tout aussi bien , pour le temps qu'il vous hat Les nuits d'été sont encore assez grandes. Pourquoi ce lieu? vous avez poigr cela Tant de bonsliu, tant de chambres sibellesl

La dame dit : Que conte celui-là?

Je crois qu'il rêve : où prend-il ces nouvelles? Qu'entend ce fol aveoque ses ébats?

Descends, descends , mon ami, tu verras. Guillot descend. Hé bienl lui dit son maître, Nous jouons-nous ?

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