GUILLOT
Tai TU, je le répète, Vous et monsîenr qui dans ce même endroit Jouiez tous deux au doux jeu d'amourette : Si ce poirier n'est peut-étre charmé.
LA FEMME
Voire ' cbarmé! tu nous fiiis un beau conte!
LE MARI
Je le veux voir, vraiment; 6ut que j'y monte : Vous en saurez bientôt la vérité.
Le midtre à peine est sur l'arbre monté , Que le valet embrasse la maîtresse.
L'époux, qui voit comme l'on se caresse , Crie, et descend en grandliâte aussitôt. 11 se rompit le col, ou peu s'en dut, Pour empêcher la suite de raffoire , Et toutefois il ne put si bien foire Que son honneur ne reçôt quelque édiec. Gomment I dit-il, quoi I même à mon aspect ! Devant mon nez 1 i mes yeux! Saintedame, Que voos fiiut-il? qu'avez-vous? dit la femme.
LE MARI
OBe»-tu bien le demander encor ?
LA FEMME
Et pourquoi non?
LE MARI
Pourquoi? N'al-je pas tort De faocnser de cette dfronterie ?
«Yniment
LA FEMME
Ah f c'en est trop ; pariez mieux , je vous prie.
LE MAEL
QomI œ coquin ne te caressait pas?
LA FEMME
Moi? VOUS rêvez.
LE MARI
D'où viendrait donc ce cas?
Âi-je perdu la raison ou la vue?
LA FEMME
Me croyez-vous de sens si dépourvue , Que devant vous je commisse un tel tour? Ne trouverais-je assez d'heures au jour Pour m'égayer , si j'en avais envie ?
LE MARI
Je ne sais plus ce qu'il fout que j'y die. Notre poirier m'abuse assurément.
Voyons encor. Dans le même moment L'époux remonte , et Guillot recommeace.
Pour cette fois le mari vdt la danse Sans se lldier , et descend doucement.
Ne cherchez plus , leur dit41 , d'autres causes : C'est ce poirier , il est ensorcelé.
Puisqu'il foit voir de si vilaines choses , Reprit la femme , il fout qu'il soit brûlé : Cours au logis; diis qu'on le vienne aballre* Je ne veux plus que cet arbre maudit Trompe les gens. Le valet (diéit.
Sur le pauvre arbre ils se mettent à quatre. Se demandant l'un l'autre sourdement Quel si grand crime a ce poirier pu La dame dit : Abattez seulement ; Quant au surplus , ce n'est pas votre Par ce moyen la seconde commère Vint au-dessus de ce qu'elle entreprit.
Passons au tour que la trmsième fit.
Les rendez-vous chez quelque bonne amie Ne lui manquaient non plus que l'eau du puits. Là tous les jours étalent nouveaux déduits * : Notre donzelle y tenait sa partie.
Un sien amant étant lors de quartier , Ne croyant pas qu'un plaisir fût entier S'il n'était Ûbre , à la dame propose De se trouver seuls ensemble une nuit.
Deux, lui dit-elle; et pour si peu de chose Vous ne serez nullement éconduit.
Jà de par moi ne manquera l'affoire.
* PUisin d'amour.