VIH. LE CALENDRIER DES VIEILLARDS
MOnVELLB TIBBE DB BOOCACE.
Plus d'une fois je me suis étonné Que ce qui fiiit la paix du mariage En est le point le moins considéré Lorsque Ton met une fille en ménage.
Les père et mère ont pour objet le bien ; Tout le surplus , ils le comptent pour rien; Jeunes tendrons à vieillards apparient ; Et cependant je vois qu'ils se soucient D'avoir chevaux à leur char attelés De même taille , et mêmes chiefis couplés r * Ainsi des bœuft, qui de force pareille Sont toujours pris ; car ce serait merveille ^ Si sans cela la charrue allait bien. Comment pourrait celle du mariage Ne mal aller , étant uft attelage Qui bien souvent ne se rapporte en rien? J'en vas conter un exemple notable.
On sait qui fut Richard de Quinzica , Qui mainte fête à sa femme allégua, Mainte vigile , et maint jour fériable * , Et du devoir crut s'édiapper par là.
Très-lourdement il errait en cela.
Cettni Ridiard était juge dans Pise , Homme savant en l'étude des lois, Riche d'ailleurs , mais dont la barbe grise Montrait assez qu'il devait faire choix De quelque femme à peu près de même âge; Ce qu'il ne fit , prenant en mariage La mieux séante , et la plus jeune d'ans De la cité ; fille bien alliée , Belle surtout : c'était Bartholomée De Galandi , qui parmi ses parents Pouvait compter les plus gros de ht ville. En ce ne fit Richard tour d'homme habile ; Et l'on disait communément de lui Que ses enfants ne. manqueraient de pères. Tel fait métier de conseiller autrui , Qui ne voit goutte en ses propres aRkires.
Quinzica donc n'ayant de quoi servir Da tel oiseau qu'était Bartholomée,
iQvl doit être CMé.
Pour s'excuser et pour la. oontedr ,
Ne rencontrait point de jour en Tannée,
Selon son compte et son calendrier ,
On Ton se pût sans scrupule appUqoer
Au fidt d'hymen; chose aux vieillards eommode,
Mais dont le sexe abhorre la méthode.
Quand je dift point , je veux dire très-peu :
Enoor ce peu lui donnait de la peine.
Toute en férié il mettait la semaine,
Et bien souvent foisait venir en jeu
Saint qui ne fut jamais dans la légende.
Le vendredi, disailril, nousdemande
D'autres pensers , ainsi que diacnn sait :
Pareillement il fout que l'on retrandie
Le samedi , non sans juste sujet ,
D'autant que c'est la veille du dimanche.
Pour ce dernier, c*est un jour de repos.
Quant au lundi, je ne trouve à propos
De commencer par ce point la semaine ;
Ce n'est le fiiit d'une âme bien chrétienne.
Les autres jours autrement 8*excusait :
Et quand venait aux fêtes solennelles ,
C'était alors que Richard triomphait,
Et qu'il donnait les leçons les plus bcAles.
Longtemps devant toujours il s'abstenait ;
liOngtemps après il en usait de même \
Aux quatre-temps autant il en fiiisait ,
Sans oublier Tavcnt ni le carême.
Cette saison pour le vieillard était
Un temps de Dieu ; jamais ne s'en lassait.
De patrons même fi avait une liste :
Point de quartier pour un évangéHste ,
Pour un apôtre, ou bien pour un docteur:
Vierge n'était, martyr, et confessetir.
Qu'il ne diommât * ; tous les savait par cœur.
Que s'il était au bout de son scrupule ,
n alléguait les jours malencontreux ,
Puis les brouttlards, et puis la canicule ,
De s'excuser n'étant jamais honteux.
La chose ainsi presque toujours égale ,
Quatre fois Tan, de grâce spéciale ,
Notre docteur régalait sa moitié,
Petitement; enfin c'était pitié.
A cela près, fi traitait bien sa femme :
Lesaffiquets, les habits â changer ,
Joyaux , bijoux , ne manquaient â k dune.
Mais tout cela n'est que pour amnser
Un peu de temps des esprits de poupée :
Droit au solide aUait Bartholomée.
Son seul plaisir dans la belle saison , C'étût d'aller â certaine maison
«AliMi écrit danttoatei les MitiOQfda temps (to torpotiiM