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Déiniit l'éclat , JSadt languir les attraits.
Notre malade avait la face biéme
Tout justement comme on saint de carême ;
Boone d'ailleurs, et gente ' , à cela près.
La ftcolté sur ce point consultée y
Après aroir la chose examinée,
Dit qoe bientôt madame tomberait
En fièirre lente , et puis qu'elle mourrait.
Force sera que cette humeur la mange ,
A moins que de. ..( Ta moins est bien étrange ) ,
A moins enfin qu'elle n*ait à souhait
Compagnie d^bomme. Hippocrate ne fait
Choix de ses mots , et tant tourner ne sait.
9 Jésos! reprît toute scandalisée Madame aMi)esse : Eh I que dites-vous là ? Fi ! Noos disons , repartit à cela La £walté , que pour chose assurée Vous en mourrez , à moins d'un bon galant : Bon le feot-tl , c'est*un point important ; Autre que bon n'est ici suffisant \ Et si bon n'est , deux en prendrez, madame. Ce fbt bien pis : non pas que dans son âme Ce bon ne fût par elle souhaité ; Biais le moyen que sa communauté Lm Tint sans peine approuver telle chose ! Hoot^ souvent est de dommage cause.
Ssor Agnès dit : Madame , croyez-les ; Un tel remède est diose bien mauvaise , SU a le goût médiant à beaucoup près CoDHDe la mort. Vous fiûtes cent secrets ; Faût-Q qu'un seul vous choque et vous déplaise? Vous en parlez , Agnès , bien à votre aise, Reprit l'abbesse : or çà , par votre Dieu ,
Le feriez-voiis? mettez-vous en mon lieu.
Ooi-da , madany ; et dis bien davantage :
Votre santé m est chère jusque-là
Qoe , s'il fiilkut pour vous souffrir cela ,
Je ne voudrais que dans ce témoignage
D*afrection pas une de céans
Me devançât. Mille remerciments
A sœur Agnès donnés par son abbesse.
La ftcolté dit adieu là-dessus ,
Et protesta de ne revenir plus.
Tout leoNivent se trouvait en tristesse , Quand sœur Agnès , qui n'était de ce lieu La moins sensée , au reste bonne lame' , Dità ses sœurs : Tout ce qui tient madame Est seulement belle honte de Dieu :
^ charité n'en est-il point quelqu'une
Pour lui montrer l'exemple et le chemin?
Cet avis fut approuvé de chacune ;
On l'applaudit , il court de main en main.
Pas une n'est qui montre en ce dessein
De la firoideur , soit nonne , soit nonnette ,
Mère prieure , ancienne , ou discrète.
Le billet trotte; on fait venir des gens
De toute guise , et des noirs , et des blancs ,
Et des tannés. L'escadron, dit l'histoire,
Ne fut petit , ni , comme Ton peut croire ,
Lent à montrer de sa part le chemin.
Us ne cédaient à pas une nonnain
Dans le désir de faire que madame
Ne fût honteuse , ou bien n*eût dans son âme
T^l récipé , possible , à contre-cœur.
De ses brebis à peme la première
A foit le saut , qu'il suit une autre sœur ;
Une troisième entre dans la carrière ;
Nulle ne veut demeurer en arrière.
Presse se met pour n'être la dernière.
Que dirai plus ? Enfin Timpression
Qu'avait Tabbesse encontre ce remède ,
Sage i^ndnè , à tant d'exemples cède.
Un jouvenceau fait l'opération
Sur la malade. Elle redevient rose ,
Œillet , aurore , et si quelque autre chose
De plus riant se peut imaginer.
O doux remède ! ô remède à donner !
Remède ami de mainte créature , Ami des gens , ami de la nature , Ami de tout I point d'honneur excepté.
Point d'honneur est une autre maladie : Dans ses écrits madame fticnlté N'en parle point. Que de maux en la vie I
IlL LES TROQUEURS.
> Le changement de mets réjouit l'homme f Quand je dis Thomme , entendez qu'en ceci La fenmie doit être comprise aussi :
Et ne sais pas comme il ne vient de Rome Permission de troquer en hymen ; Non si souvent qu'on en aurait envie , Mais tout au moins une fois en sa vie. Peut-être un jour nous l'obtiendrons. Amen, Ainsi soit41 ! Semblable induit en France Viendrait fort bien , j'en réponds ; car nos gens Sont grands troqueurs: Dieu nous créa diangeants.
Près de Rouen , pays de sapience ',
* Mie, aimalble. 'De prudence et de sagesse. Le ptmg de sapience «est une
'RDe^adraile. Métaphore Orée de Tait de reacrime, bomie phrase proverbiale usitée pour désigner en style ei^oué lapny I employer. t tipoe de Normandie.
CONTES ET NOUVELLES
Deux villageois aTaient chacun chez soi Forte femelle , et d'assez boa aloi.
Pour telles gens qui n'y raffinent guère , . Chacun sait bien qu'il n'est pas nécessaire Qu'Amour les traite ainsi que des prélats. A vint pourtant que , tous deux étant las De leurs moitiés , leur voisin le notaire Un jour de ftte avec eux chopinait.
Un des manants lui oUt : Sire Oudinet , /ai dans l'esprit une plaisante aflaire. Vous avez fait sans doute en votre temps Plusieurs contrats de diverse nature; Ne peut-on point en faire un où les gens Troquent de femme ainsi que de monture ? Notre pasteur a bien changé de cure :
La femme est-elle un cas si différent ? Et pargué non; car messire Grégoire Disait toujours , si j'ai bonne mémoire : Mes brebis sont ma femme. Cependant Il a changé : changeons aussi , compère. Très-Tolontiers , reprit l'auire manant ; Mais tu sais bien que notre ménagère Est la plus belle : or çà j sire Oudinet , Sera-ee trop s'il donne son mulet Poiu" le retour? Mon mulet? eh I parguenne , Dit le premier des villageois susdits , Chacune vaut en ce monde son prix ; La mienne ira but à but pour la tienne : On ne regarde aux femmes de si près.
Point de retour, vois-tu , compère Etienne. Mon mulet, c'est... c'est le roi des muleU. Tu ne devrais me demander mon âne Tant seulement : troc pour troc , tonche-là. Sire Oudinet, raisonnant sur dfela , Dit ; n est vrai que Tiennette a sur Jeanne De ravantoge , à ce ^ii semble aux gens : Mak le meilleur de la béte , à mon sens , N'est ce qu'on voit : femmes ont maintes choses Que je préfère , et qui sont lettres doses ; Femmes aussi trompent assez souvent; Jà ■ ne les ùad éplucher trop avant.
Or sus, voisins , feisonsles choses nettes. Vous ne voulez chat en poche • donner Ni run ni l'autre ; allons donc confronter Vos deux moitiés comme Dieu les a fôités. L'expédient ne Ajt goûté de tous.
Trop bien voilà messieurs les deux époux Qui sur ee point triomphent de s'étendre : Tiennette n'a ni suros ni malandre' ,
> Pat.
' Bxprenioo proverbial*, pour dire dooner oa Tendre one CBoee laiis la oomialtre.
» BxprMiioo proveriiUIe tirée de l'art Tétérioaire. Le wros
Dit le second. Jeanne , dit le premier ,
A le corps net comme un petit denier ' ;
Ma foi , c^est bftme*. Et Tiennette est ambroiie \
Dit son époux; telle je la maintien.
L'autre reprit ; Compère , tiens-toi bien ;
Tu ne connais Jeanne ma vUlage<nse ;
Je tVertis qu*à ce jeu... m'entends-tu?
L'autre manant jura : Par la vertu %
Tiennette et moi nous n'avons qu'une noise,
C'est qui des deux y sait de meillenn toorg;
Tu m'en diras quelques mots dans deux joan.
A toi , compère. Et de pi*endrè la tasse ,
Et de trinquer. Allons , sire Oudinet,
A Jeanne; top*. Puis à Tiennette; masse*.
Somme qu'enfin la soute ^ du mulet
Fut accordée , et voilà marché fait.
Notre notaire assura l'un et l'autre
Que tels traités allaient leur grand chemin.
Sire Oudinet était un bon apôtre ,
Qui se fit bien payer son parchemin.
Par qui payer? Par Jeanne et par Tiennette:
Il ne voulut rien prendre des maris.
Les villageois furent tous deux d'avis Que pour un temps la chose fût secrète ; Mais il en vint au curé quelque vent, n prit aussi son droit : je n'en assure , Et n^y étais; mais la vérité pure Est que curés y manquent peu souvent.
Le derc non plus ne fit du sien remise : Rien ne se perd entre les gens d'Église. Les permuteurs ' ne pouvaient bonnement
est une tumeur qui vient à la Jambe du cheval , cl la malndn une crevasse qui se manifeste au genou du ni«me aoiiiuil. ti qui est accompagnée d'écoulement d'humeor. Ce ven veut donc donc dire : •
■ Tiennette n'a ni tnmear ni hnoMar.'
' Expression proveiliiale , pour dire trés-propra.
* C'est du baume, c'est de l'exceUcnt. Les gens de camp^w. surtout en Normandie, disent hdme. On disait aotrefoU hum pour baume . etembasme pour embaume.
> Est ambroise . est divine. On tnmve amhrolH pour ambrosie dans nos vieux auteurs. Voj. Hoquefort, DidkMoitt delà langue romane, 1. 1, p. 87.
< Par la vertugoy, ou verUtbteu, on vertudieu ; joroni populaires.
s Dans la première édition in-»*, on lit tops. Mais akm k vers a une srUabe de trop : c'est poniquoi dan le recoed de f 678 ou de 1676 U Fontaine a . par licence puétiqoe, retranché Ve, Tope et mdete sont des mots empruntés su vocabulabre des Joueurs i mdtee est la somme d'argent qn'on oft* comme ei\)eu': ponr l'accepter, oo dit tope,
•Comme le mari de Tiennette demande du retoor.lM dK pas tops quand on trinque àson sqJetsmaisilpronoQCsleiBOt mdsAe , indiquant par Uqu'il attend l'oCbe d'un enjeo quiéfile le sien.
V SimU ert la sommie pajée pour rendre les lois égoL * Les troqueun.