‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 189 sur 723 · VL LA MATRONE DÉPHÈSE · texte numérisé non relu

VL LA MATRONE DÉPHÈSE

Sll est np conte usé, commun, et rebattu, C'est celui qu'en ces vers j*accommode à ma gnise.

Et pourquoi donc le choisis-tu ?

Qui t'engage à cette entreprise ?

PTa-t-elle point déjà produit assez d'écrits?

Quelle grâce aura ta matrone

Auprès de ceUe de Pétrone?

Comment la rendras-tu nouvelle à nos esprits ? Sans répondre aux censeurs , car c'est diose infinie, Voyons si dans mes vers je l'aurai ngeunie.

Dans Ephèse il fut autrefois Une dame en sagesse et vertu sans égale,

Et , selon la commune voix , Ayant su raffiner sur Tamour conjugale.

Il n'était bruit que d'elle et de sa diasteté ;

On fallait voir par rareté ; C'était l'honneur du sexe : heureuse sa patrie ! Chaque mère à sa bru Talléguait pour patron; Chaque époux la prônait à sa femme diérie ; D*elle descendent ceux de la Prudoterie,

Antique et célèbre maison *.

Son mari l'aimait d'amour folle.

n mourut. De dire conmfent ,

Ce serait un détail frivole.

Il mourat; et son testament N'était plein que de legs qui l'auraient consolée, Si les biens réparaient la perte d'un mari

Amoureux autant que chéri.

Mainte veuve pourtant feit la déchevelée , Qui n'abandonne pas le soin du demeurant, Et du bien qu'elle aura fait le compte en pleurant. Celle-ci , par ses cris , mettait tout en alarme;

Celle-ci faisait un vacarme, Un bruit , et des regreta à percer tons les cœors ;

Bien qu'on sache qu'en ces malheurs , De quelque désespoir qu'une âme soit atteinte, La douleur est toujours moins forte que la plainte; Toujours un peu de foste entre parmi les pleurs. Chacun fît son devdr de dire à l'affligée Que tout a sa mesure , et que de tels regrets

Pourraient pécher par leur excès :

Chacim rendit par là sa douleur rengrégée '. Enfin , ne voulant plus jouir de la clarté

Que son époux avait perdue, Elle entre dans sa tombe , en ftnrme volonté D'accompagner cette ombre aux enfers descendue Et voyez ce que peut l'excessive amitié ! ^

• cette anUqne maison est de la «éatkmde Woï**<«» *" Georges Dandin, qui fut joué en I66S. loBgtenip» ■"»* A"' h Fontaine eût écrit ce conte.

* ne nou?eau aggravée . |ilui forte.

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