‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 201 sur 723 · AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AU LECTEUR

Ce n'est id qu'âne roédioere copie d'an excellent origioal. Pea de pertonnes ignorent de combien d'Agréments eit rempli l'Eunuque latin. Le sujet en est simple, comme le prescrivent nos maîtres ; il n'est point embarrassé d'inddents conftis; il n'est point chargé d'ornements inutiles et détachés; tous les ressorts y remuent la machine, et tous les moyens y acheminent à la fin. Quant au nœud,' c'est un des plus beaux et des moins communs de l'antiquité. Cependant il se ftdt arec une tedlité merveilleuse, et n'a pas une seule de ces contraintes que nous Toyoas aiDeurs. La bienséance et la médiocrité , que Plante ignorait, s'y renconfarent partout. Le parasite n'y est point goulu par delà la vraisemblance; le soldat n'y est point iknfàron jusqu'à la folie; les expressions y sont pures, les pensées délicates; et, pour coinble de louange, la natura y instruit tous les personnages, et ne manque jamais de leur suggérer ce qu'ils ont à fiiire et à dire. Je n'aurais jamais ftdt d'examiner toutes les beautés de l'Eunuque : les moins clairvoyants s'en sont aperças aussi bien que moi; diacan sait que l'ancienne Rome disait souvent ses délices de cet ouvrage , qu'il recevait les applaudissements des honnêtes gens et du peuple, et qu'il passait alors pour une des plus belles productions de cette Ténus africaine dont tous les gens d'esprit sont amoureux. Aussi Térence s'est-il servi des modèles les plus parfaits que la Grèce ait jamais Ibrmés : il avoue être redevable à Ménandra de son sujet , et des caractères du Parasite et du Fanfaron. Je ne le dis point pour rendre cette comédie plus reoommandable; au contraire , je n'oserais nommer deux si grands personnages sans crainte de passer pour profieiue et pour téméraire d'avoir osé travailler après eux , et manier indiscrètement ce qui a passé par leurs mains. A la vérité , c'est une Isute que j'ai commencée; mais quelques-uns de mes amis me l'ont fait achever : sans eux elle aurait été secrète, et le public n'en aurait rien su. Je ne prétends pas non plus empêcher la censure de mon ouvrage, ni que ces noms illustres dç Térence et de Méoaudre lui tiennent lieu d'un asses puissant boadier contre toutes sortes d'atteintes; nous vivons dans un siècle et dans un pays où l'autorité n'est point respectée : d'ailleurs l'état

des belles4ettres est entièreoient populaire, chacun y a droit de suffrage , et le moindre particulier n'y reconoait pas de |dus souverain juge que soi. Je n'ai donc bit œt avertissement que par une espèce de reoounabssDoe. Térence m'a kntni le sujet, les principaux ornements et ks plus beaux traits de cette comédie. Pour les ven etpoarli conduite, on y trouverait beaucoup plus de déAoU, an les corrections de quelques personnes dont le mérite est universellement honoré. Je tairai ieurs noms par rapect, bien que ce soit avec quelque sorte de répugnsnoe; ao moins m'est-il permis de déclarer que je leur dois b meilleure et la plos same partie de ce que Je ne doispasà Térence. Quant au reste, peut-être le lecteur en jogen-til fiavorablement : quoi qu'il en soit , j'espérerai tonjann davantage de sa bonté que de celle de mes ourragcs.

PERSONNAGES

CHÉRÉE. amant de Pamphile.

PAailfiNON , esclave et confident de Pbédrie-

PAMPHILE , mattresae de Chérée.

PHÉDRIE , amant de Tbab.

THAÏS , maltresse de Phédrie.

THRASON , capitan , et rival de Phédrie.

GNaTON , parasite , et confident de Thrason.

DAMIS . père de Phédrie et de Chérée.

CHREMES, frère de Pamphile.

PYTHIE , femme de chambre de Thaïs.

DORIS , servante de Thaïs.

DORUS, eunuque.

SiiALioii , DONix , Stbiscb . SiNGA , toldats de Thrasota.

Page 1