L'EUNUQUE, ACTE III, SCÈNE III
Je dis, sans yanité, pea de mots qa*il n'admire.
gnàton.
Comme vous en parlez , c'est on prince poli.
THRASON
Peu dliommes ont , de yrai , Tesprit aussi joli : , Surtout il s'entend bien à placer'son estime.
GNATON.
Celle qu'il foit de vous me semble légitime.
THRASON
T'ai-je dit un bon mot, qu'en on bal invité...
GNATON.
(Basitetoarnant.)
Non. Plus de mille fois il me l'a raconté.
THRASON
Nous étions régalés du satrape Orosmède, Chacun avait sa nymphe : alors un Ganymède Approchant de la mienne , aussitôt je lui dis Que les restes de Mars seraient pour Adonis.
GNATON.
Le jeune homme rougit?
THRASON
Belle demande à foire I nroagît, et d'abord fot contraint de se taire : Depuis chacun m'a craint.
GNATON.
Avec juste raison.
N'ont-ils point un recueil des bons mots de Thrason?
Je t'en conterais cent ; mais changeons de matière. Thaïs , comme tu sais , est femme assez altière , Jalouse, et d'un esprit à tout craindre de moi : Dois-je, en quittant sa sœur, lui confirmer ma foi?
GNATON.
Rien moins. Il v)iut bien mieux la tenir en cervelle. Ayez toujours en main quelque* amitié nouvelle: De ce secret d'amour l'effet n*est pas petit; C'est par là qu'on maintient les cœurs en appétit , Et qu'on accroît l'amour au lien de le détruire. Mais je fois des leçons à qui devrait m'instruire.
THRASON
Comment un td secret a-t-il pu m'échapper?
GNATON.
Des soins plus importants pouvaient vous occuper ; Vous rêviez, je m'assure, à quelque haut foit d'armes.
THRASON
Il est vrai que la guerre a pour moi de tels channes, Qu'ils me font oublier tous les autres plaisirs.
GNATON.
Mais l'amour trouve aussi sa part dans vos désirs?
THRASON
Entre Mars et Vénus mon cœur se sent suspendre , Est recherché des deux, ne sait auquel entendre.
* Vil. Une.
là leor débat : qœl traité m'as-tn bit?
Tel qu'un plus amoureux en serait satisfoit. Thaïs se veut purger de tous sujets de plainte : Deux jours, par mon moyen, sans rival etsanscrainte. Vous lui rendrez visité en dépit des jaloux.
THRASON
Je t'aime.
GNATON.
Et du dîner sur moi reposez-vous ; Je l'ai foit , en passant , apprêter chez voure hôte.
THRASON
De faim jamais Gnaton ne mourra par sa faute.
GNATON.
Qu'y fïdre ? il font bien vivre ici comme autre part.
THRASON
Retourne chez Thaïs , et dis-lui qu'il est tard.