‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 232 sur 723 · THAÏS , PYTHIE · texte numérisé non relu

THAÏS , PYTHIE

PTTBIB.

Ah I que j'ai de aeerets , madame , à VOUS coilter I Mais ne le dites pas, vous me feriez querelle. Hafiii, le compagnon nous Ta su donner belle.

Qoî?

PtTHIB.

FHt<il demander? ce beau présent de foin Fàt-a en Étbopie , on bien enoor plus loin !

TBAfS.

Tu fiens de proférer une étrange parole.

PTIVIB.

Qiaeiui n*apas été comme vous à Técole; ^m'entends.

THAlS.

C^est assez.

PYTHIE

Ceci noua doit ravir.

Veoi n aviez qu'à moitié des gens pour la servir, D fallait un eunuque ; et le bon d^ l'affaire Eit ([ne Ton n'a pas dit tout ce qu'il savait faire.

THAÏS

Qœ pentri) avoir fait ?

PYTHIE

Mêle denïandez-voos?

TBAiS.

Ta fid8)Nen Tinnocente en te moquant de nous.

PYTHIE

Je n'en sais rien au vrai; toutefois je m*en doute.

THAÏS

Ce sont là des discours si clairs qu'on n'y voit goutte.

PYTHIE

Votre MEor a tani6t, pour ne rien déguiser, Uissé prendre à Doiis sur sa main un Savez-vous quel baiser?

THAÏS

Fort froid, je ml

PYTHIE

En bûone foi , j*ai cru qu'il y prendrait racine : Ce n'était point seAiblant , car même il a soimé . Si par mon serviteur un tel m'était donné ,

Je n'en feisprât la fine, il me rendrait honteuse. Enfin, de ce baiser la suite est fort douteuse.

THAÏS

Tu t'alarmes en valu, c'est marque de respect ; Puis cela vient d'un lieu qui ne m'est point suspect. Les baisers de Doris sont baisers sans malice : n en fendrait beaucoup pour guérir la jaunisse.

PYTHIE

Pas tant que vous croyez , ou je n'y connais rien. Ah I que n'ai-je entendu leur premier entretien 1 Mais , au cri de Pamphfle étant vite accourue , Comme en quelques endroits la porte était fendue, Il m'est venu d'abord un désir curieux D'approdier d'une fente et Toreille et les yeux. Ils ont dit quelques mots d'amour , de mariage ; Que votre sœur ne peut prétendre davantage ; Que Doris est pour elle im assez bon parti ; Tant qu'enfin an baiser le tout est abouti.

THAÏS

Ton récit est conftis, j'ai peine à le comprendre.

PYTHIE

Aussi ne pouvai^on qu'à moitié les entendre. Voilà ce que j'en sais , fondez votre soupçon. Doris n'est point esclave , au moins à sa façon : Je ne sais quoi de grand parait sur don visage : Tels valets ne sont point sans doute à notre usage. A force d'y rêver mon espiii s'est usé. Madame , si c'était quelque amant déguisé ! Telle fourbe en amour souvent s'est publiée.

THAÏS

Ma sœur se serait-elle à ce point oubliée? J'ai cru sur sa vertu me pouvoir assurer.

PYTHIE

En ce monde il ne faut jamais de rien jurer :

Les prudes bien souvent nous trompent au langage.

THAÏS

Qu'est devenu Doris ?

PYTHIE

D a troussé bagage.

THAÏS

D fellait tout an moins Tempêcher de sortir.

J'étais hors de mon sens , pour ne vous point mentir.

THAÏS

Au retour de Phédrie on en saura l'histoire.

PYTHIE

C'est ce que j'oubliais, tant j'ai bonne mémoire : A peine vous sortiez qu'il m'est venu trouver.

THAïa.

Je le croyais aia champs.

PYTHIE

Il en vient d'arriver.

De longtemps , m'a-t-il dit , je connais ton adresse : Tu sais la passion que j'ai pour ta maîtresse;

Page 1