UVRE CINQUIÈME
FABLE PREMIÈRE
Le Bûehenm et Mercure»
Votre goût a servi de règje à mon ouvrage : Jai tenté les moyens d'acquérir son suffrage. Vous Toolez qu'on évite un soin trop curieux
• La FonliiDe» daiM les éeaz premières édttkNH de ses bblet, d'une UoeDoe accordée aux poètes de soo temps, avait imesrHabe de plus an mot âUbulanU , et avait éerit culehutamu, naas la troWème éditionde f67S, iii-12, rimprimeur aknMmiani9, sekm lavfaieorU)ograplie;mais la Fontaine oon%eB ce mot dans l'errata de sa troisième édition , et remit «icteloiiif. afin de donner I soo vers le nomlire de syllalies aécassiie. nins Nioot et dans les deux premières éditions dn ^'-''"iffi^rr de TAcadémie firancaise, on trouve m/fttiter. Il semble qu'on ne devrait écrire culehuier ou culebutant que parlieence poétique.
"Konscrofoos qne ces initiales signifient ti^ Bf. U ekeoaUer tfs BoidUon- Nous nous sonnues trompés ionque, dansla pre- ■ièreédîboa de VBUUflre de la vie et det ouvrages de la fWltfiue, Booa avons interprété ces Initiales t J monseigneur te eardiniat de Bouillon; elles ne peuvent avoir celte siflîiificalion. poisqu'éDesse trouvent dans la première édition des bMes 4e aoire antenr, pobUée eo iSfiS, et qne rabbéde Bouillon, duc f Alfaret ne reçut le chapeau de cardinal que le 4 août 1680. U tmee Adry a commis la même erreur. Vojex les Fablee de te fVslofiie.édftde BartKm,lsa6, in-12.p.4U.
Et des vains ornemente l'eflbrt ««».«»««» Je le veux comme vous : cet effort ne peut plaire. Un auteur gftte tout quand il veut trop Ixen flûre. Non qu'il fkiUe bannir certains traite délicate : Vous les aimez, ces traite; et je ne les hais pas. Quant au principal but qu'Ésope se prépose,
Py Unnbe au moins mal que je puis. , Enfin, si dans ces vers je ne plais et n'instruis, n ne tient pas à moi ; c'est toujours quelque chose.
Gomme la force est un point
Dont je ne me pique point , Je tâche d'y tourner le vice en ridicule , Ne pouvant l'attequer avec des bras d'Hercule. C'est là tout mon talent ; je ne sais s*il suffit.!
Tantdt je peins en un récit La sotte vanité jointe avecque l'envie , Deux pivote sur qui roule aujourd'hui notre vie.
Tel est ce chétif animal Qui voulut en grosseur au boeuf se rendre égal. J'oppose quelquefois, par une double hnage. Le vice à la vertu , la sottise au bon sens.
Les agneaux aux loups ravissante , La mouche à la fburmi ; faisant de cet ouvrage Une ample comédie à cent actes divers ,
Et dont la scène est l'univers.
Hommes , dieux, animaux, tout y fiût quelque hUe : Jupiter comme un autre. Introduisons celui Qui porte de sa part aux belles la parole : Ce n'est pas de ceki qu'il s'agit aujouidlinL
Un bûcheron perdit son gagne-pain, Cest sa cognée; et la dierchant en vain, Ce fut pitié là-dessus de l'entendre, n n'avait pas des outils à revendre: . Sur celui-ci roulait tout son avoir.
Ne sachant donc on mettre son espoir, Sa hce éteit de pleurs toute baigna :
0 ma cognée I ô ma pauvre cognée 1 S'écriait-ii : Jupiter, rends^la-moi ; Je tiendrai l'être encore un coup de toL Sa plainte fut de l'Olympe entendue.
Mercure vient. Elle n'est pas perdue.
Lui dit ce dieu ; la oonnaitras-tu bien? Je crois Tavoir près d'ici rencontrée.
Lors une d'or à l'homme étant montrée Il répondit : Je n'y demande rien.
Une d'argent succède à la première, n la refuse. Enfin une de bois.
Voilà , dit-il , la mienne cette fois : Je suis content si j'ai cette dernière. Tu les auras , dit le dieu , toutes tn^ : Ta bonne foi sera récompensée.
En ce cas-là je les prendrai , dit^l.
L'histoire en est aussitôt diqwrsée^
Elbocjuilloi»' de perdre leur oiiia, Bt de crier pour se le ftiire rendre.
Le roi des dieux ne sait auquel entendre. Son fils Mercure aux criards Tient enoor A diacnn d^enx il en montre une d*er.
Ghaouneût cm passer pour une bète De ne pas dire aussitôt : La voU&l Mercure, au lieu de donner oeUe^là , teur en décharge un grand coup sur la Iftte.
Ne point mentir, être content du sien , G^est le i^us sûr : cependant on s'occupe A dire Aux pour attraper du bien.
Que sert cela ? Jupiter n'est pas dupe.
FABLE IL
LePot de terre et UPotdêfer.
Le pot de fer proposa
An pot de terre un Toyage.
Gdui^ s'en excusa ,
Disantqn'il ferait que sage* \
De garder le coin du feu :
Car il lui Mait si peu ,
Si peu, que la moindre chose
"De son débris serait cause :
n n'en rcTiendrait morceau.
Pour TOUS, ^t-'il, dont la peau
Est i^us dure que la mienne ,
Je nç Tois rien qui tous tienne.
Nous tous mettrons à couTcrt ,
Repartit le pot de fer :
Si quelque matière dure
Vous menace d Venture ,
&tre deux je passerai ,
Et du coup TOUS sauTcrai.
Cette offre le persuade.
Pot de fer son camarade
Se met droit à ses odtés.
Mes gens s'en Tont i trois i»eds
Clopin dopant comme ils peuvent ,
L'un contre l'autre jetés
Au moindre hoquet ' qu'ils treuTent ^.
Le pot de terre en souffire ; Û n'eut pas fait cent pas Que par son compagnon il fût mis en éclats ,
Sans qu'il eôt lieu de se plaindre.
I On dinlt aatrefoto baquet pour botqutt , et boqtMlon pour botquUlon* apprenti bûcheroo qaï tniTaUle aux bosquets.
* Qu'D flèrait fort sagement Andenne locution. < 7Vt fait que « Mge de conliésser la Térité avant qu'en te donne la géhenne < pour te la blre dire, a Amyot, traduct de Plutarque Fiis de Maro'Jntokie , chap. xii.
* Achoppement, secousse, par métonymie. On disait antiefois koqueter pour secouer fMtBBent
4 Trouvent.
FABLES
I Ne BOUS assoôoBsqn^aTeeqoe nos égaux; I Ou bien il nous liudra craindw
Le destin d'onde ces pots.
FABLE m.
Le pgNl Poisson et U PéekêiÊr.
Petit poisson deviendra grand, Pourru que Dieu lui prête Tie ; Mais le lâcher en attendant, Je tiens pour moi que c'est folie :
Car de le rattraper il n'est pas trop certain.
Un carpeao , qui notait encore que fretin , Fut pris par un pêcheur au bord d'une riTÎère. Tout fiât nombre, dit l'homme en Toyant son butin; Voilà commencement de chère et de festin :
Metton84e en notre gibecière.
Le panvre oarpiilon lui dit en sa manière : Que ferefr-TOus de moi? je ne saunÛB fournir
Au plus qu'une demi-bonchée.
Laissez-mm carpe deTcnir :
Je serai par tous repêchée ; Quelque gros partisan i^adiètera ]nen.dier :
Au lieu qu'il tous en &ut chercher
Peut-être enoor cent de ma taille [Taille.
Pour fedre un plat : quel platl croyez-moi, rien qni Rien qui Taillel eh bieni soit, repartit le pêcheur : Poisson, mon bel ami, quifidtesle prêcheur. Vous irez dans la poêle; et, tous aTez beau dSre,
Dès ce soir on tous fiera frire.
Un Tiens Tant, ce dit-on, mieux que deux Ta rauras: L'im est sûr ; l'autre ne l'est pas.
FABLE IV
LeeOreiUeMéKilÂèm.
Un animal Yxxmu blessa de quelques coups
Le lion, qui , plein de courroux ,
Pour ne plus tomber en la peine ,
Bannit des lieux de son domaine Toute bête portant des cornes à son front ChèTres , béliers , taureaux , aussitôt délogèrent ;
Daims et cer& de climat changèrent :
Chacun à s'en aller fîit prompt.
Un lièTre, apercerant l'ombre de ses oreilles.
Craignit que quelque inquisiteur N'allât interpréter à cornes leur longueur, Keles soutint en tont à deseomes pareilles. Adieu, Toisin grillon, dit-il ; je pars did : Mes oreilles enfin seraient cornes aussi; Et quand je les^ aurais plus courtes qu'une antrudie,