‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 25 sur 723 · UVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

UVRE CINQUIÈME

FABLE PREMIÈRE

Le Bûehenm et Mercure»

Votre goût a servi de règje à mon ouvrage : Jai tenté les moyens d'acquérir son suffrage. Vous Toolez qu'on évite un soin trop curieux

• La FonliiDe» daiM les éeaz premières édttkNH de ses bblet, d'une UoeDoe accordée aux poètes de soo temps, avait imesrHabe de plus an mot âUbulanU , et avait éerit culehutamu, naas la troWème éditionde f67S, iii-12, rimprimeur aknMmiani9, sekm lavfaieorU)ograplie;mais la Fontaine oon%eB ce mot dans l'errata de sa troisième édition , et remit «icteloiiif. afin de donner I soo vers le nomlire de syllalies aécassiie. nins Nioot et dans les deux premières éditions dn ^'-''"iffi^rr de TAcadémie firancaise, on trouve m/fttiter. Il semble qu'on ne devrait écrire culehuier ou culebutant que parlieence poétique.

"Konscrofoos qne ces initiales signifient ti^ Bf. U ekeoaUer tfs BoidUon- Nous nous sonnues trompés ionque, dansla pre- ■ièreédîboa de VBUUflre de la vie et det ouvrages de la fWltfiue, Booa avons interprété ces Initiales t J monseigneur te eardiniat de Bouillon; elles ne peuvent avoir celte siflîiificalion. poisqu'éDesse trouvent dans la première édition des bMes 4e aoire antenr, pobUée eo iSfiS, et qne rabbéde Bouillon, duc f Alfaret ne reçut le chapeau de cardinal que le 4 août 1680. U tmee Adry a commis la même erreur. Vojex les Fablee de te fVslofiie.édftde BartKm,lsa6, in-12.p.4U.

Et des vains ornemente l'eflbrt ««».«»««» Je le veux comme vous : cet effort ne peut plaire. Un auteur gftte tout quand il veut trop Ixen flûre. Non qu'il fkiUe bannir certains traite délicate : Vous les aimez, ces traite; et je ne les hais pas. Quant au principal but qu'Ésope se prépose,

Py Unnbe au moins mal que je puis. , Enfin, si dans ces vers je ne plais et n'instruis, n ne tient pas à moi ; c'est toujours quelque chose.

Gomme la force est un point

Dont je ne me pique point , Je tâche d'y tourner le vice en ridicule , Ne pouvant l'attequer avec des bras d'Hercule. C'est là tout mon talent ; je ne sais s*il suffit.!

Tantdt je peins en un récit La sotte vanité jointe avecque l'envie , Deux pivote sur qui roule aujourd'hui notre vie.

Tel est ce chétif animal Qui voulut en grosseur au boeuf se rendre égal. J'oppose quelquefois, par une double hnage. Le vice à la vertu , la sottise au bon sens.

Les agneaux aux loups ravissante , La mouche à la fburmi ; faisant de cet ouvrage Une ample comédie à cent actes divers ,

Et dont la scène est l'univers.

Hommes , dieux, animaux, tout y fiût quelque hUe : Jupiter comme un autre. Introduisons celui Qui porte de sa part aux belles la parole : Ce n'est pas de ceki qu'il s'agit aujouidlinL

Un bûcheron perdit son gagne-pain, Cest sa cognée; et la dierchant en vain, Ce fut pitié là-dessus de l'entendre, n n'avait pas des outils à revendre: . Sur celui-ci roulait tout son avoir.

Ne sachant donc on mettre son espoir, Sa hce éteit de pleurs toute baigna :

0 ma cognée I ô ma pauvre cognée 1 S'écriait-ii : Jupiter, rends^la-moi ; Je tiendrai l'être encore un coup de toL Sa plainte fut de l'Olympe entendue.

Mercure vient. Elle n'est pas perdue.

Lui dit ce dieu ; la oonnaitras-tu bien? Je crois Tavoir près d'ici rencontrée.

Lors une d'or à l'homme étant montrée Il répondit : Je n'y demande rien.

Une d'argent succède à la première, n la refuse. Enfin une de bois.

Voilà , dit-il , la mienne cette fois : Je suis content si j'ai cette dernière. Tu les auras , dit le dieu , toutes tn^ : Ta bonne foi sera récompensée.

En ce cas-là je les prendrai , dit^l.

L'histoire en est aussitôt diqwrsée^

Elbocjuilloi»' de perdre leur oiiia, Bt de crier pour se le ftiire rendre.

Le roi des dieux ne sait auquel entendre. Son fils Mercure aux criards Tient enoor A diacnn d^enx il en montre une d*er.

Ghaouneût cm passer pour une bète De ne pas dire aussitôt : La voU&l Mercure, au lieu de donner oeUe^là , teur en décharge un grand coup sur la Iftte.

Ne point mentir, être content du sien , G^est le i^us sûr : cependant on s'occupe A dire Aux pour attraper du bien.

Que sert cela ? Jupiter n'est pas dupe.

FABLE IL

LePot de terre et UPotdêfer.

Le pot de fer proposa

An pot de terre un Toyage.

Gdui^ s'en excusa ,

Disantqn'il ferait que sage* \

De garder le coin du feu :

Car il lui Mait si peu ,

Si peu, que la moindre chose

"De son débris serait cause :

n n'en rcTiendrait morceau.

Pour TOUS, ^t-'il, dont la peau

Est i^us dure que la mienne ,

Je nç Tois rien qui tous tienne.

Nous tous mettrons à couTcrt ,

Repartit le pot de fer :

Si quelque matière dure

Vous menace d Venture ,

&tre deux je passerai ,

Et du coup TOUS sauTcrai.

Cette offre le persuade.

Pot de fer son camarade

Se met droit à ses odtés.

Mes gens s'en Tont i trois i»eds

Clopin dopant comme ils peuvent ,

L'un contre l'autre jetés

Au moindre hoquet ' qu'ils treuTent ^.

Le pot de terre en souffire ; Û n'eut pas fait cent pas Que par son compagnon il fût mis en éclats ,

Sans qu'il eôt lieu de se plaindre.

I On dinlt aatrefoto baquet pour botqutt , et boqtMlon pour botquUlon* apprenti bûcheroo qaï tniTaUle aux bosquets.

* Qu'D flèrait fort sagement Andenne locution. < 7Vt fait que « Mge de conliésser la Térité avant qu'en te donne la géhenne < pour te la blre dire, a Amyot, traduct de Plutarque Fiis de Maro'Jntokie , chap. xii.

* Achoppement, secousse, par métonymie. On disait antiefois koqueter pour secouer fMtBBent

4 Trouvent.

FABLES

I Ne BOUS assoôoBsqn^aTeeqoe nos égaux; I Ou bien il nous liudra craindw

Le destin d'onde ces pots.

FABLE m.

Le pgNl Poisson et U PéekêiÊr.

Petit poisson deviendra grand, Pourru que Dieu lui prête Tie ; Mais le lâcher en attendant, Je tiens pour moi que c'est folie :

Car de le rattraper il n'est pas trop certain.

Un carpeao , qui notait encore que fretin , Fut pris par un pêcheur au bord d'une riTÎère. Tout fiât nombre, dit l'homme en Toyant son butin; Voilà commencement de chère et de festin :

Metton84e en notre gibecière.

Le panvre oarpiilon lui dit en sa manière : Que ferefr-TOus de moi? je ne saunÛB fournir

Au plus qu'une demi-bonchée.

Laissez-mm carpe deTcnir :

Je serai par tous repêchée ; Quelque gros partisan i^adiètera ]nen.dier :

Au lieu qu'il tous en &ut chercher

Peut-être enoor cent de ma taille [Taille.

Pour fedre un plat : quel platl croyez-moi, rien qni Rien qui Taillel eh bieni soit, repartit le pêcheur : Poisson, mon bel ami, quifidtesle prêcheur. Vous irez dans la poêle; et, tous aTez beau dSre,

Dès ce soir on tous fiera frire.

Un Tiens Tant, ce dit-on, mieux que deux Ta rauras: L'im est sûr ; l'autre ne l'est pas.

FABLE IV

LeeOreiUeMéKilÂèm.

Un animal Yxxmu blessa de quelques coups

Le lion, qui , plein de courroux ,

Pour ne plus tomber en la peine ,

Bannit des lieux de son domaine Toute bête portant des cornes à son front ChèTres , béliers , taureaux , aussitôt délogèrent ;

Daims et cer& de climat changèrent :

Chacun à s'en aller fîit prompt.

Un lièTre, apercerant l'ombre de ses oreilles.

Craignit que quelque inquisiteur N'allât interpréter à cornes leur longueur, Keles soutint en tont à deseomes pareilles. Adieu, Toisin grillon, dit-il ; je pars did : Mes oreilles enfin seraient cornes aussi; Et quand je les^ aurais plus courtes qu'une antrudie,

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