‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 281 sur 723 · APOLLON, MOMUS · texte numérisé non relu

APOLLON, MOMUS

APOLLON

Voici Tempe , cette vallée Dont on vante partout Tombrage et les beautés;

Et voilà les flots argentés

Qu'y fait couler le dieu Pénée.

Plus Idn vers ces sommets mon empire s^étend. rry veux-tu pas venir , Momus? on nous attend.

MOMOS.

Demeurons encore où nous sonomes :

Ai-je pu voir en un instant

Toutes les sottises des hommes?

Par vos puissants efforts , invincible Apollon , On ne craint plus ici les foreurs de Python.

Les habitants de ces rivages , Devenus plus heureux , n'en seront pas plus sages. Le temps de la sotti^ est celui du bonheur.

* APOLLON

Mais que dis-tu de ma victoire?

MOMUS

Elle vous a comblé d'honneur , Et rien n'égale votre gloire.

APOLLON

Que le fils de Vénus cesse de se vanter

Qu'ainsi que nous il sait porter

Un carquois , un arc , et des flèches ;

C*est un enfant qui fait des brèches

Dans les cœurs aisés à dompter.

Il remporte toujours des victoires faciles; Je défais des serpents qui dépeuplent deè villes.

MOMUS

Vous méprisez celui qui tient tout sous sa loi. Si l'Amour nous entend?

Et que crains-tu pour omn?

MOMUS

Parlez bas , c*est un dieu ; s'il venait à paraître ?

APOLLON

Un dieu ! c'est un enfant : quitte ce vain soud.

MOMUS

Qui donne à Jupiter un maître Vous en pourrait donner ausd.

uo

Page 1