‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 304 sur 723 · PÉNÉE, DAPHNÉ , ET LEUR COUE · texte numérisé non relu

PÉNÉE, DAPHNÉ , ET LEUR COUE

PÉNÉB.

Couronner Apollon I Qu'importe à Thyménée

De la fille de Pénée ?

Pour comprendre ces mois , je fais un vain effort.

AMPHRISB.

Nos conseils ont été frivoles ; ^ seule obscurité tait le prix des paroles Que Ton cherche au livre du Sort.

PÉNBE , à Daphné, Ha fille, rendez-vous aux volontés d'un père : Qu'il soit votre oracle aujourd'hui.

Aimez Tharsis ; il vous doit plaire ; Toute notre cour est pour lui.

APIDAMB.

I^els étaient ces mortels pour qui l'idolâtrie ^"^^■lunença d*introduire au monde son pouvoir. '

AMPHRISB.

n a tout l'air d'un dieu ; l'on dirait , à le voir , Que rOlympe est sa patrie.

DAPHlfÉ.

Hélas ! j'en crus autant , lorsqu'on notre prairie Je le vis arriver inconnu dans ces lieux. Maintenant mon cœur tâche à démentir mes yeux. Ne m'en accusez point ; quelque force suprême M'entretient, malgré moi, dans cette-erreur extrême. Que Tharsis soit parfeit, qu'il ait rahr qu'ont les dieux, Est-ce par raison que l'on aime ?

PBNÉB.

L'hymen change les cceurs : suivez mes volontés.

DAPHNÉ

Quoi ! seigneur, vous aussi vous me persécutez ! De ses autres tyrans sans peine on se console ;

Mais d'un père ! un père m'hnmole !

Je tiens le jour de vous , seigneur ; vous me l'dtez.

PÉNÉE

l^oi, je perdrais Daphné ! qu'ai-je à conserver qu'elle ? L'hymen m'a4-il fait d'autres dons?

DAPHNÉ

Cependant , quand je vous appelle

Du plus tendre de tous les noms , Vous ne vous souvenez que de votre puissance ;

Vous regardez Tobéissance , La raison , et jamais d'autres tyrans plus doux : Il en est toutefois. Leucippe vient à nous :

Je lui vais dter l'espérance.

Vous le voulez , seigneur, je le lis dans vos yeux.

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