‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 320 sur 723 · GALATÉE , CLYMÈNE · texte numérisé non relu

GALATÉE , CLYMÈNE

GALATÉE

Ils sont partis; je ne crains plus leurs yeux. M'ont-ils point vu rougir? Clyînène, oette offense Méritait un courroux plus prompt et plus puissant : Ah! qu'il est malaisé de cacher ce qu*on pense , Et plus encor ce que Ton sent !

Cruelle loi qui veut que notre gloire Soit de n*aimer jamais , ou n'aimer que des dieux ,

Est-il Juste de te croire

Plutôt que ses propres yeux?

Dès qu'un berger m'a su plaire ,

Il n'est plus berger pour moi;

Tu m'ordonnes de le taire;

Injuste et cruelle loi I Hélas ! il n'est plus temps, et déjà malgré toi Pai flatté ce berger dans l'ardeur qui le presse.

GLTUÈNE.

Vous craignez de parler , et vous êtes déesse î Quand on est de ce rang, l'on doit encoiunger Son berger.

Pour moi , je dis au mien sans cesse Qu'il m'a touché le cœur aussi bien que les yenx. Je n'en dirais pas tant au plus pnisâant des dieux. Le silence en amour est une erreur extrême :

Souffrez , mais déclarez vos maux ;

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