SCÈNE IV
CÉL/LDON, ASTRÉB.
CBLADON.
Hé quoi ! seule en ces lieux , sans songer à la fête
Dont vous serez tout l'ornement 1
C'est un triomphe qui s'apprête Pour les dieux et pour vous, aux yeux de votre amant. On n^entend en tous lieux que des chants d'allégresse .
Bergères , bergers, tout sVrapresse
De célébrer ce jour charmant.
Cependant vous rêvez : d'où vient cette tristesse?
ASTRÉB.
Berger, vous paraissez aujourd'hui bien paré : De cet ajustement quels yeux vous sauront gré ?
CBLADON.
Les vôtres , ma déesse.
Il n^est rien en ces lieux Qui ne s'efforce de vous plaire , Et c'est pour attirer vos regards précieux , Que ces prés , que ces bois , et cette onde si claire , Étalent ce qu'ils ont de plus délicieux :
L'astre même qui nous éclaire Nc'se montre si beau que pour plaire à vos yeux.
A8TRBB.
Céladon, bannissez ces discours d'entre nous; Je sais qu'en votre cœur une autre est préférée ; Et vos vœux ne sont pas pour l'innocente Astrée. •
CÉLADON
Ciel I mes vœux ne sont pas pour vous !
Dieux puissants qu'ici l'on révère , Dieux vengeurs des forfidts , je vous atteste toos ; Si quelque autre qu'Astrée à mes désirs est chère , Faites toniber sur moi vos plus terribles coaps f
AsxaàB.
Sois traître seulement , et ne sois pas impie.
CÉLADON
Juste ciel I vous doutez encore de ma foi ! Mais quel est cet objet dont mon âme est rarie?
ASTRÉE
Va, perfide, va, garde-toi D^oser jamais paraître devant moi.
CÉLADOEf.
Ah ! dn moins...
AsraÉB.
Non.
GÉLADOPr«
Quoi ( sans Fenteodre , Condamner on amant si fidèle et si tendre 1
ASTRÉB.
Non , perfide , non , garde-toi D'oser jamais paraître devant moi.
CÉLADON
Mon sort est dans vos mains , il fout vous satisfaire ; Et puisque votre arrêt me livre au désespoir , Ty cours ; et respectant votre injuste colère , Je me bis dn trépas un funeste devoir. Vous me regretterez , j'en suis sûr; et votre âme, Au vain ressouvenir d'une constante flamme
Se laissant trop tard émouvoir , Me donnera des pleurs que je ne pourrai voir.