‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 343 sur 723 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

CÉLADON, LÊONIDE.

LÉONIDB.

Danslefood de ce bois est un antre sacré;

Là , jadis chacun à son gré Pouvait , en regardant dans une onde fidèle

Qui coule en ce lieu révéré , CoDDaitre si Tobjet en son cœur adoré

Ht brûlait point de quelque ardeur nouTcUe. Cette footaine a nom , la Vérité d'amour : Onnen approche plus ; deux monstres à Tentour Interdisent Tabord d'une source si belle

CÉLADON

Lêooide, je sais que cet enchantement

Nuit ou sert à plus d'un amant :

Voyez combien il m'est contraire.

Sans ces monstres pleins de fureur , Âstrée aurait pu lire en cette onde sincère

Mon innocence et son erreur;

Elle m aurait trouvé fidèle.

LÉONIDB.

Vous aimez trop une beauté cruelle :

Oubliez-la: cédez à des transports plus doux , Et songez qu'en ces lieux il est mie princesse

Dont les appas et la tendresse Sont dignes d'un amant aussi parfait que vous. Laissez la constance , Aux heureux amants.

Vous souffrez mille tourments ; Vous aimez sans espérance.

Laissez la constance Aux heureux amants.

Des plaisirs les plus charmants Amour id récompense De â justes changements.

Laissez la constance Aux heureux amants.

CÉLADON

Voos voulez m'engager sous un nouvel empire; Etdaus mes premiers feux je veux persévérer. Ce D'est point par conseil que notre cœur soupire ,

On qu'il cesse de soupirer.

cÊLADOM ET liÉOMDE, ensemble.

Ce D'est point par conseil que notre cœur soupire ,

On qu'il cesse de soupirer.

CÉLADON

Voire princesse est jeune et belle ; £Ue mériterait le coeur d*un souverain, to cdui d'un berger 1 quelle gloire pour elle !

Nymphe , vous combattez en vain La foi que j'ai jurée:

Combattez-la quand vous verrez Astrée.

LÉONIDB.

Sa beauté ne saurait excuser sa rigueur. Gâadon , il est vrai , votre bergère est belle ;

Mais elle est flère , elle est cruelle ,

Elle abuse de votre cœur.

CÉLADON

Ah ! si j'étais dans nos bocages I

Si leurs frais et sacrés ombrages Pouvaient servir de temple à Fobjet de mes feux ! Si mon cœur y pouvait sacrifier sans cesse

Au souvenir de sa déesse ,

Que je me trouverais heureux I

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