SCÈNE IV
CÉLADON, LÊONIDE.
LÉONIDB.
Danslefood de ce bois est un antre sacré;
Là , jadis chacun à son gré Pouvait , en regardant dans une onde fidèle
Qui coule en ce lieu révéré , CoDDaitre si Tobjet en son cœur adoré
Ht brûlait point de quelque ardeur nouTcUe. Cette footaine a nom , la Vérité d'amour : Onnen approche plus ; deux monstres à Tentour Interdisent Tabord d'une source si belle
CÉLADON
Lêooide, je sais que cet enchantement
Nuit ou sert à plus d'un amant :
Voyez combien il m'est contraire.
Sans ces monstres pleins de fureur , Âstrée aurait pu lire en cette onde sincère
Mon innocence et son erreur;
Elle m aurait trouvé fidèle.
LÉONIDB.
Vous aimez trop une beauté cruelle :
Oubliez-la: cédez à des transports plus doux , Et songez qu'en ces lieux il est mie princesse
Dont les appas et la tendresse Sont dignes d'un amant aussi parfait que vous. Laissez la constance , Aux heureux amants.
Vous souffrez mille tourments ; Vous aimez sans espérance.
Laissez la constance Aux heureux amants.
Des plaisirs les plus charmants Amour id récompense De â justes changements.
Laissez la constance Aux heureux amants.
CÉLADON
Voos voulez m'engager sous un nouvel empire; Etdaus mes premiers feux je veux persévérer. Ce D'est point par conseil que notre cœur soupire ,
On qu'il cesse de soupirer.
cÊLADOM ET liÉOMDE, ensemble.
Ce D'est point par conseil que notre cœur soupire ,
On qu'il cesse de soupirer.
CÉLADON
Voire princesse est jeune et belle ; £Ue mériterait le coeur d*un souverain, to cdui d'un berger 1 quelle gloire pour elle !
Nymphe , vous combattez en vain La foi que j'ai jurée:
Combattez-la quand vous verrez Astrée.
LÉONIDB.
Sa beauté ne saurait excuser sa rigueur. Gâadon , il est vrai , votre bergère est belle ;
Mais elle est flère , elle est cruelle ,
Elle abuse de votre cœur.
CÉLADON
Ah ! si j'étais dans nos bocages I
Si leurs frais et sacrés ombrages Pouvaient servir de temple à Fobjet de mes feux ! Si mon cœur y pouvait sacrifier sans cesse
Au souvenir de sa déesse ,
Que je me trouverais heureux I